Proverbes et citations

Vigny (Alfred, comte de) - citations

Vigny, Alfred de (1797-1863), poète, romancier et auteur dramatique français. Alfred de Vigny naquit à Loches en Touraine le 27 mars 1797, dans une famille de noblesse ancienne. La tourmente révolutionnaire passée, les Vigny s'installèrent à Paris. À la chute de l'Empire en 1814, Alfred de Vigny entra avec le grade de sous-lieutenant dans les Compagnies rouges ou Gendarmes du roi. C'est à ce titre qu'il accompagna Louis XVIII à Gand lors des Cent-Jours. De 1817 à 1822, il connut donc la vie de garnison, qu'il trouva assez morne, mais il fit aussi ses débuts littéraires en collaborant aux premières revues du romantisme naissant, le Conservateur littéraire et la Muse française. Il y publia surtout les quelques poèmes réunis en recueil sous le titre Poèmes antiques et modernes en 1826. Ces pièces sont organisées dans le recueil en différentes sections thématiques: poèmes mystiques (parmi lesquels Moïse), poèmes antiques (parmi lesquels la Fille de Jephté) et poèmes modernes (parmi lesquels Dolorida). Cet ordre, qui figure les âges successifs de l'humanité, montre que le poète avait le dessein de faire là une épopée poétique. Avec ces Poèmes antiques et modernes, Vigny apparaît donc comme le précurseur de la Légende des siècles de Victor Hugo et des Poèmes antiques de Leconte de Lisle. Dans le courant de la même année, Vigny se consacra à un roman historique, Cinq-Mars (1826), qui rencontra un énorme succès. Hugo lui-même écrivit dans la Quotidienne du 30 juillet 1826 un article élogieux sur ce «livre admirable»: «La foule le lira comme un roman, le poète comme un drame, l'homme d'État comme une histoire.» Cinq-Mars peut être considéré par certains aspects comme le premier grand roman historique français. S'inspirant d'un épisode de l'histoire de France — le complot de Cinq-Mars contre Louis XIII —, Vigny le modifia sensiblement pour servir son propos. En 1827, Vigny se fit réformer et épousa une anglaise, Lydia Bunbury. Séduit par le romantisme britannique et par la poésie de Byron, Vigny contribua grandement à la connaissance de Shakespeare en France, en traduisant plusieurs de ses pièces, notamment Othello, le More de Venise, qui fut représenté à la Comédie-Française le 24 octobre 1829. C'est cet intérêt pour Shakespeare qui lança Vigny dans la carrière dramatique. Après quelques essais, une pièce historique, la Maréchale d'Ancre (1831), un proverbe Quitte pour la peur (1833), Vigny rencontra le succès avec Chatterton (1835). Dans cette pièce, Vigny met en scène le poète anglais Chatterton, dont il fait l'incarnation de l'esprit romantique, et l'oppose violemment à l'industriel John Bell, nouveau baron du monde moderne. Dans son combat, Chatterton reçoit l'appui de l'épouse de Bell, Kitty, et celle d'un quaker vivement anticapitaliste, au nom des valeurs religieuses. L'élévation de pensée et de sentiment de Kitty Bell et de Chatterton s'oppose à la vulgarité des viveurs, à la suffisance des gens en place. La pièce ne développe pas une intrigue complexe mais peint la descente aux enfers des deux héros et se clôt par le suicide de Chatterton. Dans le domaine de la prose, Vigny abandonna le roman historique pour se consacrer au «roman philosophique», selon sa propre expression, c'est-à-dire à des récits qui seraient l'expression philosophique de sa désillusion. Le premier, Stello (1832), est un récit sur la fatale destinée des poètes, le second, Servitude et grandeur militaire (1835), est un récit sur la fatale destinée des soldats. Dans ces deux romans, Vigny propose une épopée de la stérilité, dominée par son amertume et son pessimisme: le lecteur y assiste à la mort de toute spiritualité, et constate le destin cruel que la société réserve aux êtres noblement dévoués à leur idéal, c'est-à-dire le poète, le soldat ou le croyant. Servitude et grandeur militaire fut le dernier ouvrage inédit publié en librairie du vivant de Vigny (Sainte-Beuve et Musset se moquèrent d'ailleurs de cette stérilité). Pour des raisons politiques et sentimentales (mort de sa mère, rupture avec Marie Dorval en 1837), Vigny adopta par la suite une attitude de repli stoïque et hautain vis-à-vis des milieux littéraires. Cela ne l'empêcha pas de se porter candidat à l'Académie française avec acharnement entre 1842 et 1844, ni de continuer à publier en revue des grands poèmes comme la Mort du loup (1843), la Flûte (1843) ou le Mont des oliviers (1844), plus tard recueillis dans le volume des Destinées (1864). En 1845, il parvint finalement à être élu à l'Académie française. La révolution de 1848 l'enthousiasma d'abord, mais son échec aux élections législatives en Charente lui apporta une nouvelle désillusion. Il se rallia alors à l'Empire. Alfred de Vigny s'éteignit le 17 septembre 1863 à Paris. Sa mort fut suivie de la publication posthume des Destinées (recueil de onze poèmes, dont quatre inédits, 1864), du Journal d'un poète, publié pour la première fois en 1867 et des Mémoires inédits (1958).

Aimez ce que jamais on ne verra deux fois.

Et, plus ou moins, la Femme est toujours Dalila.

Gémir, pleurer, prier, est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

Il se courbe à genoux, le front contre la terre;
Puis regarde le ciel en appelant «Mon Père!»
Mais le ciel reste noir et Dieu ne répond pas.

J'ai mis sur le cimier doré du gentilhomme
Une plume de fer qui n'est pas sans beauté.

J'aime la majesté des souffrances humaines...

J'aime le son du cor, le soir, au fond des bois...
Dieu, que le son du cor est triste au fond des bois!

J'aime le son du cor, le soir, au fond des bois...
Dieu, que le son du cor est triste au fond des bois!

L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour... Il rêvera partout à la chaleur du sein.

L'armée est une nation dans la nation: c'est un vice de nos temps.

L'espérance est la plus grande de nos folies.

L'existence du Soldat est (après la peine de mort) la trace la plus douloureuse de barbarie qui subsiste parmi les hommes.

La Femme, enfant malade et douze fois impur.

La perfection de Bouddha est plus belle que celle du christianisme parce qu'elle est plus désintéressée.

Le christianisme est un caméléon éternel, il se transforme sans cesse.

Le moins mauvais gouvernement est celui qui se montre le moins, que l'on sent le moins et que l'on paie le moins cher.

O seigneur, j'ai vécu puissant et solitaire,
Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre!

On étouffe les clameurs, mais comment se venger du silence?

Quand on veut rester pur, il ne faut point se mêler d'agir sur les hommes.

Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse.

Tout homme qui a été professeur garde en lui quelque chose de l'écolier.

Un livre est une bouteille jetée en pleine mer sur laquelle il faut coller cette étiquette: attrape qui peut.

Voilà ce qu'ont chanté les filles d'Israël
Et leurs pleurs ont coulé sur l'herbe du Carmel.

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