Proverbes et citations

Lamartine (Alphonse de) - citations

Lamartine, Alphonse de (1790-1869), écrivain et homme politique français. Issu d'une famille de petite noblesse légitimiste, il mena sous l'Empire la jeunesse oisive de ces royalistes intransigeants pour qui Napoléon, malgré toute sa gloire, n'était que «l'usurpateur». Une solide éducation classique, le contact avec les réalités de la campagne, des lectures désordonnées mais abondantes, un voyage à Naples (au cours duquel il aima celle qu'il nomma plus tard Graziella) constituèrent une formation qui devait lui permettre toutes les ambitions. Mais cette âme rêveuse et mélancolique ne profita guère de la Restauration, qui lui accorda pourtant la place enviée de garde du corps du roi Louis XVIII. Ses goûts l'incitaient plutôt à se tourner vers la littérature. Il fréquenta alors les salons, s'essaya à quelques tragédies et composa des élégies. En 1816, il rencontra, au lac du Bourget, celle qui devint l'Elvire du Lac, Julie Charles, avec qui il vécut une brève idylle et qui mourut de phtisie l'année suivante. En 1820, il fit paraître sous le titre de Méditations poétiques des poèmes qui le rendirent bientôt célèbre. En menant, parallèlement, une carrière de diplomate en Italie, Lamartine conforta, de publication en publication, sa position de chef de file de la génération romantique (Nouvelles Méditations, 1823; la Mort de Socrate, 1823; Dernier Chant du pèlerinage d'Harold, 1825). Élu à l'Académie française en 1829, il connut un nouveau succès en publiant ses Harmonies poétiques et religieuses, œuvre d'un lyrisme puissant, qui révélait un poète en pleine possession de son talent. La révolution de juillet 1830 donna un tour nouveau à sa carrière. Toujours légitimiste, Lamartine démissionna de son poste et se lança dans la politique. Après un premier échec à la députation en 1831, il s'embarqua pour un long voyage en Orient (1832-1833), au cours duquel il perdit sa fille (Souvenirs. Impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient, 1835). À son retour, il fut élu député et, jusqu'en 1848, défendit à la Chambre des idées libérales et progressistes. Son activité littéraire se concentrait alors dans le projet d'une vaste épopée qui devait raconter «l'histoire de l'âme humaine». Rédigés dans cette intention, Jocelyn (1836) et la Chute d'un ange (1838) enthousiasmèrent le public en raison de leur nouveauté et du caractère audacieux de cette entreprise, qui fit de lui le chantre d'un «christianisme libéral et social». Soucieux de l'avenir de la France, il publia, en 1847, une Histoire des girondins, écrite à l'usage du peuple, afin de lui donner «une haute leçon de moralité révolutionnaire, propre à l'instruire et à le contenir à la veille d'une révolution», ouvrage qui lui valut, en 1848, d'être ministre du nouveau gouvernement républicain. Toutefois, son échec devant Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle, puis le coup d'État de 1851 mirent un point final à sa carrière politique. Il ne fut plus, dès lors, qu'un homme de lettres contraint, en raison de ses dettes, à un travail forcé. Il publia alors une biographie idéalisée (Confidences, contenant l'épisode célèbre de Graziella, 1849; Raphaël, 1849; Nouvelles Confidences, 1851), des compilations historiques (Histoire de la Restauration, 1851; Histoire des Constituants, 1854; Histoire de la Turquie, 1854; Histoire de la Russie, 1855) ou littéraires (Cours familier de littérature, 1856-1869) et s'occupa de la réédition de ses œuvres (Œuvres complètes en 41 volumes, 1860-1866). Il mourut dans un oubli presque total et après avoir vendu peu à peu tous ses biens.

Aimer, prier, chanter, voilà toute ma vie.

Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour?

Borné dans sa nature, infini dans ses voeux, L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.

C'est ainsi qu'il mourut, si c'était là mourir!

C'est la cendre des morts qui créa la patrie.

Celui qui peut créer dédaigne de détruire.

Dieu n'est qu'un mot rêvé pour expliquer le monde.

Dieu se manifeste toujours au moment précis où tout ce qui est humain est insuffisant, où l'homme confesse qu'il ne peut rien pour lui-même.

Entre la race blanche et la famille noire,
Il fallait un combat, puisqu'il faut la victoire!

Ici-bas, la douleur à la douleur s'enchaîne.
Le jour succède au jour, et la peine à la peine.

Insectes bourdonnants, assembleurs de nuages,
Vous prendrez-vous toujours au piège des images?

J'ai vu partout un Dieu sans jamais le comprendre.

J'aimai, je fus aimé; c'est assez pour ma tombe.

Je chantais, mes amis, comme l'homme respire,
Comme l'oiseau gémit, comme le vent soupire,
Comme l'eau murmure en coulant.

Je marche dans la nuit dans un chemin mauvais, ignorant d'où je viens, incertain où je vais.

Je ne veux pas d'un monde où tout change, où tout passe.

Je suis concitoyen de toute âme qui pense: La vérité, c'est mon pays.

Je suis de la couleur de ceux qu'on persécute!

Je suis las des musées, cimetières des arts.

L'homme est Dieu par la pensée.

L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.

L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive; Il coule, et nous passons!

L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie;
La fraternité n'en a pas!

La gloire ne peut être où la vertu n'est pas.

La plus belle attitude de l'homme c'est de se tenir debout devant ses semblables, à genoux devant Dieu.

La vie est un mystère, et non pas un délire.

Le plaisir est une prière
Et l'aumône une volupté.

Le soin de chaque jour à chaque jour suffit.

Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

Le temps seul peut rendre les peuples capables de se gouverner eux-mêmes. Leur Education se fait par leurs révolutions.

Les fables de La Fontaine sont plutôt la philosophie dure, froide et égoïste d'un vieillard que la philosophie aimante, généreuse, naïve et bonne d'un enfant. C'est du fiel.

Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance
N'ira plus de ses voeux importuner le sort.

Notre crime est d'être homme et de vouloir connaître.

O temps! suspends ton vol; et vous, heures propices
Suspendez votre cours!

Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?

On admire le monde à travers ce qu'on aime.

On voudrait revenir à la page où l'on aime
Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts.

Plus nous ouvrons les yeux, plus la nuit est profonde;
Dieu n'est qu'un mot rêvé pour expliquer le monde,
Un plus obscur abîme où l'esprit s'est lancé.

Pour tout peindre, il faut tout sentir.

Qu'importe le soleil? Je n'attends rien des jours.

Que Dieu serait cruel s'il n'était pas si grand!

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise: «Ils ont aimé!»

Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître?

Rien d'humain ne battait sous ton épaisse armure.

Rien n'est vrai, rien n'est faux; tout est songe et mensonge,
Illusion du coeur qu'un vain espoir prolonge.
Nos seules vérités, hommes, sont nos douleurs.

Toi que j'ai recueilli sur sa bouche expirante
Avec son dernier souffle et son dernier adieu,
Symbole deux fois saint, don d'une main mourante,
Image de mon Dieu!

Tu n'as qu'un jour pour être juste,
J'ai l'éternité devant moi!

Un grand peuple sans âme est une vaste foule!

Un seul désir suffit pour peupler tout un monde.

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé!

Une conscience sans Dieu, c'est un tribunal sans juge.

Voltaire! Quel que soit le nom dont on le nomme,
C'est un cycle vivant, c'est un siècle fait homme...

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