Proverbes et citations

Montesquieu (Charles de Secondat, baron de La Brède et de) - citations

Montesquieu, Charles de Secondat, baron de (1689-1755), homme de lettres et philosophe, qui fut notamment l'auteur des Lettres persanes et De l'esprit des lois. Issu d'une famille d'importants parlementaires bordelais, Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, fut élevé d'abord au château de La Brède, où il était né. Il suivit ensuite des études de droit, à Bordeaux puis à Paris. Dans la capitale, il rencontra les milieux savants et lettrés, mais, très attaché à sa terre et à sa région, il revint à Bordeaux, où il prit la charge de conseiller au parlement. À la mort de son père, il entra en possession du domaine de La Brède et des vignobles qui en faisaient partie, et, en 1716, son oncle lui légua sa charge de président à mortier au parlement de Bordeaux. Dès lors, le destin de Montesquieu semble tracé: sa vie durant, il resta fidèle à ses attaches de propriétaire terrien et de magistrat. Pourtant, parallèlement à cette charge, dès 1717, il se passionna pour les sciences, et, comme membre de l'Académie des sciences de Bordeaux, il rédigea de nombreux traités de physique, de médecine, mais également de politique et de philosophie (la Politique des Romains dans la religion et Système des idées, 1716). Ces premières œuvres furent sans doute le ferment sur lequel se formèrent les Lettres persanes; ce dernier ouvrage, l'un des chefs-d'œuvre de Montesquieu, fut publié anonymement en 1721 à Amsterdam, probablement pour éviter que ce roman, audacieux à bien des égards, ne compromît la réputation de sérieux du magistrat qu'était Montesquieu. Cependant, cet anonymat fut vite percé à jour et le roman fit sans doute différer l'élection de son auteur à l'Académie française. Tout en restant profondément attaché à sa terre bordelaise natale, Montesquieu passa alors une grande partie de son temps dans les salons parisiens et en voyage: c'est la fréquentation des salons qui lui inspira sans doute deux autres romans, le Temple de Gnide (1725) et l'Histoire véritable d'Arsace et Isménie, composée vers 1730, mais publiée après sa mort. De 1728 à 1731, faisant preuve d'une insatiable curiosité intellectuelle, il se rendit en Hongrie, en Italie, en Hollande, en Angleterre, où il demeura plus d'un an. Tous ces voyages furent le prétexte d'une observation de la géographie, de l'économie, des mœurs et des coutumes politiques dans les pays européens. De retour chez lui, Montesquieu se consacra à l'étude de l'histoire et publia en 1734 les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Cet essai était au départ destiné à s'intégrer dans un ensemble beaucoup plus vaste de philosophie politique que Montesquieu était en train de rédiger. Pendant encore quatorze années, compilant sources livresques et témoignages, il composa, augmenta, remania l'œuvre de toute sa vie, De l'esprit des lois (1748). L'ouvrage eut immédiatement un immense retentissement, mais fut attaqué par les jésuites et les jansénistes, qui critiquèrent violemment son éloge de la religion naturelle. Montesquieu leur répondit par la Défense de l'«Esprit des lois» (1750), mais la faculté de théologie de Paris condamna l'ouvrage, qui avait d'ailleurs été mis à l'Index par le pape, dès sa publication en 1748. Montesquieu publia encore Lysimaque (1754) et l'article «Goût» de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Devenu pratiquement aveugle, il s'éteignit en 1755 à l'âge de 66 ans.

Autrefois on cherchait des armées pour les mener combattre dans un pays. A présent on cherche des pays pour y mener combattre des armées.

C'est un malheur de n'être point aimée; mais c'est un affront de ne l'être plus.

C'est un malheur qu'il y a trop peu d'intervalle entre le temps où l'on est trop jeune, et le temps où l'on est trop vieux.

C'est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste dans ces trois mots: «Je m'en fous.»

Ce n'est pas l'esprit qui fait les opinions, c'est le coeur.

Ce n'est pas les médecins qui nous manquent, mais la médecine.

Ce n'est point le corps des lois que je cherche, mais leur âme.

Dans les jeunes femmes, la beauté supplée à l'esprit. Dans les vieilles, l'esprit supplée à la beauté.

Il est mille fois plus aisé de faire le bien, que de le bien faire.

Il faut bien connaître les préjugés de son siècle, afin de ne les choquer pas trop, ni trop les suivre.

Il faut dans les lois une certaine candeur. Faites pour punir la méchanceté des hommes, elles doivent avoir elles-mêmes la plus grande innocence.

Il faut pleurer le hommes à leur naissance, et non pas à leur mort.

Il faut savoir le prix de l'argent: les prodigues ne le savent pas, et les avares encore moins.

Il n'y a pas de mal plus grand, et des suites plus funestes, que la tolérance d'une tyrannie qui la perpétue dans l'avenir.

Il ne faut pas beaucoup d'esprit pour montrer ce qu'on sait; mais il en faut infiniment pour enseigner ce qu'on ignore.

Il y a autant de vices qui viennent de ce qu'on ne s'estime pas assez, que de ce qu'on s'estime trop.

J'ai toujours vu que pour réussir dans le monde, il fallait avoir l'air fou et être sage.

Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé.

L'amitié est un contrat par lequel nous nous engageons à rendre de petits services à quelqu'un pour qu'il nous en rende de plus grands.

L'homme pieux et l'athée parlent toujours de religion: l'un parle de ce qu'il aime et l'autre de ce qu'il craint.

L'éducation consiste à nous donner des idées, et la bonne éducation à les mettre en proportion.

La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

La plupart des hommes sont plus capables de grandes actions que de bonnes.

Les Français... enferment quelques fous dans une maison, pour persuader que ceux qui sont dehors ne le sont pas.

L'avantage de l'amour sur la débauche, c'est la multitude des plaisirs.

Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.

Presque toutes les monarchies n'ont été fondées que sur l'ignorance des arts et n'ont été détruites que parce qu'on les a trop cultivés.

Quand on veut gouverner les hommes, il ne faut pas les chasser devant soi. Il faut les faire suivre.

Si on ne voulait être qu'heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile parce que nous croyons les autres plus heureux qu'ils ne sont.

Un empire fondé par les armes a besoin de se soutenir par les armes.

Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré.

Un homme qui enseigne peut devenir aisément opiniâtre, parce qu'il fait le métier d'un homme qui n'a jamais tort.

Une chose n'est pas juste parce qu'elle est loi. Mais elle doit être loi parce qu'elle est juste.

Voltaire n'écrira jamais une bonne histoire. Il est comme les moines qui n'écrivent pas pour le sujet qu'ils traitent, mais pour la gloire de leur ordre. Voltaire écrit pour son couvent.

Vous faites bien d'amasser de l'argent pendant votre vie: on ne sait ce qui arrivera après la mort.

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