Proverbes et citations

Dostoïevski (Fedor Mikhaïlovitch) - citations

Dostoïevski, Fedor Mikhaïlovitch (1821-1881), écrivain russe. Né à Moscou le 11 novembre 1821, dans une famille de la vieille noblesse russe, il était le fils d'un ancien médecin de l'armée. À l'âge de dix-sept ans, il fut placé à l'Académie du génie militaire de Saint-Pétersbourg. C'est là qu'il apprit la mort de son père, assassiné par des paysans de sa propriété; cette mort le hanta toute sa vie. Formé aux sciences exactes, il se passionna cependant très tôt pour la littérature et, nommé officier en 1843, démissionna dès 1844, pour ne se consacrer qu'à l'écriture. Les Pauvres Gens (1846), roman par lettres où se révèle encore l'influence de Gogol, obtint un succès éclatant. Dostoïevski a également écrit le Double (1846), la Logeuse (1847), Nuits blanches (1848), mais ces œuvres demeurèrent incomprises ou méprisées du public. Ayant rejoint, dès 1848, un groupe de jeunes intellectuels libéraux, le cercle de Petrachevski qui, clandestinement, tentait de préparer les paysans à la révolution socialiste, Dostoïevski fut arrêté et condamné à mort avec l'ensemble du groupe en avril 1849. Gracié au dernier moment, il fut condamné à quatre ans de travaux forcés en Sibérie. Publiée dans le Temps, revue fondée avec son frère en 1861, Souvenirs de la maison des morts (1861-1862), la première grande œuvre de la littérature des camps, décrit avec une intensité bouleversante les effroyables conditions des détenus. Dostoïevski y transcrit également la profonde crise mystique qu'il a traversée. La figure du Christ lui apparaît alors comme l'unique référence capable de transcender l'expérience de la souffrance et d'offrir à l'Homme une chance de rédemption et de salut. Parallèlement, au contact de criminels endurcis, capables de brutalité mais aussi de courage et de générosité, Dostoïevski a approfondi une grande connaissance de la complexité du comportement humain. L'expérience du bagne l'a irrémédiablement marqué psychologiquement, mais aussi physiquement: les premières crises d'épilepsie apparurent lors de son séjour au camp. Relaxé en 1854, il fut envoyé dans une ville de garnison à Semipalatinsk. En 1857, il épousa Maria Dimitrievna, une jeune veuve tuberculeuse, qui mourut quelques années plus tard. Succédant à l'expérience traumatique du camp, l'exil fut pour l'écrivain une période d'intense désespoir au cours de laquelle il semble avoir renoncé à tout projet littéraire. Ce n'est que cinq ans plus tard, en 1859, qu'autorisé à regagner Saint-Pétersbourg, il reprit son activité littéraire. Ce retour marqua une étape décisive dans la vie de Dostoïevski et dans son engagement philosophique. Publié en 1862, Humiliés et Offensés, récit en partie autobiographique, conçu comme une sorte d'hommage à Dickens et à Eugène Sue, exprime avec une force renouvelée le sentiment de compassion éprouvé envers des personnages faibles et sans défense. Au cours des étés de 1862 et 1863, Dostoïevski fit en Europe une série de voyages qui lui inspirèrent Notes d'hiver sur des impressions d'été (1863), dans lesquelles il prit ses distances vis-à-vis de la culture occidentale. Parallèlement, il s'engagea dans la querelle qui opposait slavophiles et occidentalistes en prônant une position médiane fondée sur l'attachement aux valeurs russes. La revue le Temps ayant été interdite, il lança l'Époque (1864-1865), où il publia Mémoires écrits dans un souterrain (1864): rompant avec le romantisme humanitaire de ses précédents récits, ce monologue fiévreux évoquant la crise de conscience d'un personnage en révolte contre le matérialisme et le conformisme de la société annonçait le thème des futurs chefs-d'œuvre. Malade et endeuillé (il perdit successivement sa femme et son frère), criblé de dettes, Dostoïevski, contraint de fuir ses créanciers, gagna l'Italie et l'Allemagne, emmenant avec lui Anna Grigorievna Snitkina, la jeune sténographe à qui il dicta le Joueur (1866) et qui deviendra sa femme. Ces années furent celles d'une exceptionnelle créativité littéraire. En 1866 fut achevé Crime et châtiment, probablement son œuvre la plus célèbre. En 1868 parut l'Idiot, dont le héros, le prince Mychkine, est, à l'image du Christ, un être pur rayonnant d'amour et de compassion. À cette œuvre majeure succéda en 1870 un roman d'une moindre portée, l'Éternel mari, tragi-comédie de la vie conjugale en partie autobiographique. Dès l'année suivante parurent les Possédés (parfois traduit par les Démons). Quand il regagna la Russie en 1873, la réputation littéraire de Dostoïevski avait acquis une dimension et une ampleur internationales. De retour à Saint-Pétersbourg, il publia le Journal d'un écrivain (1873-1881), les Frères Karamazov (1879-1880), considéré par son auteur comme son œuvre la plus aboutie. Descente dans les profondeurs de l'âme humaine, les Frères Karamazov constitue l'expression artistique la plus achevée de son art romanesque. Dostoïevski y fait la synthèse des problèmes philosophiques, religieux et moraux qui ont hanté son univers. Il aborde la question suprême de l'existence de Dieu, qui l'a tourmenté toute sa vie. Tout les thèmes majeurs du monde dostoïevskien sont ici évoqués: l'expiation des péchés dans la souffrance, l'absolue nécessité d'une force morale au sein d'un univers irrationnel et incompréhensible, la lutte éternelle entre le bien et le mal, la valeur suprême conférée à la liberté individuelle. Dostoïevski mourut le 28janvier 1881. Ses obsèques à Saint-Pétersbourg furent suivies par une foule immense.

A notre époque, tout homme comme il faut est et doit-être lâche et servile.

Ce n'est pas en enfermant ton prochain dans une maison de santé que tu prouveras ta raison.

Chacun de nous est responsable de tout devant tous.

Il n'y a pas de préjugés anodins.

Il n'y a qu'une chose que les hommes préfèrent à la liberté, c'est l'esclavage.

Je crois que la meilleure définition de l'homme serait: créature à deux pieds et ingrate.

Je préfère être avec le Christ plutôt qu'avec la vérité.

L'amour abstrait de l'humanité est presque toujours de l'égoïsme.

L'homme est malheureux parce qu'il ne sait pas qu'il est heureux.

L'homme est une machine si compliquée que parfois on n'y comprend rien, surtout si cet homme est une femme.

L'homme n'a fait qu'inventer Dieu pour vivre sans se tuer: voilà le résumé de l'histoire universelle jusqu'à ce moment.

La pire des souffrances est celle de ne plus pouvoir aimer.

La science m'ordonne de n'aimer que moi, attendu que tout le monde est fondé sur l'intérêt personnel.

La souffrance est l'unique cause de la conscience.

La vie et le mensonge sont synonymes.

Le Christ est avec les bêtes avant d'être avec nous.

Le criminel, au moment où il accomplit son crime, est toujours un malade.

Le mensonge est le seul privilège qui distingue l'homme de tous les autres organismes.

Les petites choses ont leur importance; c'est toujours par elles qu'on se perd.

Mentir à sa façon à soi, c'est presque mieux que de dire la vérité à la façon des autres.

Mettre à mort un meurtrier est une punition sans commune mesure avec le crime qu'il a commis.

Rien ne vaut votre propre visage parce que personne n'y croit.

Si le juge était juste, peut-être le criminel ne serait-il pas coupable.

Un être qui s'habitue à tout, voilà, je pense, la meilleure définition qu'on puisse donner de l'homme.

Une erreur originale vaut mieux qu'une vérité banale.

Une vraie douleur est capable de donner de l'intelligence à un imbécile, toujours pour un temps, naturellement.

Vivre sans espoir, c'est cesser de vivre.

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