Proverbes et citations
 
 

Shaw (George Bernard) - citations

Shaw, George Bernard (1856-1950), dramaturge et critique irlandais, prix Nobel de littérature 1925, considéré comme l'auteur dramatique le plus important depuis Shakespeare, qui puisa son inspiration dans la critique de la société capitaliste. Dramaturge prolifique (il écrivit plus de cinquante pièces), George Bernard Shaw fut aussi un éminent critique musical et théâtral. À la fois le plus lisible, le plus fiable et l'un des plus impitoyables de sa génération, il manifesta dans cette discipline une totale irrévérence envers les institutions. Son goût de la satire incisive, alimenté par l'indignation que lui inspirait l'hypocrisie bourgeoise et les injustices sociales, fait de lui le digne successeur de son compatriote Jonathan Swift. En effet, toute son œuvre — même ses écrits les plus sérieux — est émaillée d'épigrammes à l'humour acéré et de dialogues piquants. George Bernard Shaw naquit le 26 juillet 1856, à Dublin. Son père, issu de la petite noblesse protestante irlandaise, fut d'abord employé dans l'administration, avant de tenir, sans grand succès, un petit commerce, ce qui contraignit sa mère à donner des leçons de chant pour compléter les revenus de la famille. Après une brève et médiocre scolarité, Shaw trouva un emploi administratif à l'âge de seize ans. Il put dès lors assumer seul sa propre éducation. Après la séparation de ses parents, il accompagna sa mère et ses sœurs à Londres (1876). La décennie suivante fut placée, pour George Bernard Shaw, sous le signe de la frustration et de la quasi-indigence. Son emploi dans une compagnie de téléphone était peu satisfaisant et les cinq romans qu'il écrivit entre 1879 et 1883 ne trouvèrent pas d'éditeur. L'un de ces romans, la Profession de Cashel Byron (1882), stigmatise la course aux prix et anticipe le thème de la prostitution comme profession antisociale. Vers le milieu des années 1880, Shaw découvrit les écrits de Karl Marx et devint socialiste. Il fut alors l'élément moteur de la toute nouvelle Société Fabienne (1884), groupement de socialistes issus de la classe moyenne qui prônait la transformation du gouvernement et de la société par «imprégnation» des idées socialistes plutôt que par la révolution. Grâce aux fondateurs de la Société Fabienne, Shaw rencontra Charlotte Payne-Townshend, une Irlandaise qu'il épousa en 1898. En 1885, George Bernard Shaw eut l'occasion de se tourner vers le journalisme critique dans les domaines artistique et littéraire. Entre autres comptes rendus, il écrivit de brillantes chroniques musicales, notamment des éloges de l'œuvre très controversée de Richard Wagner. Engagé comme critique théâtral (1895-1898) par le Saturday Review, il se fit le défenseur ardent de Henrik Ibsen, auquel il consacra aussi un ouvrage qui fit autorité, la Quintessence de l'ibsénisme (1891). La première pièce de Shaw, L'argent n'a pas d'odeur (1892), est une critique du capitalisme qui utilise des procédés et des objectifs ibséniens. Cette pièce ne fut publiée que tardivement, dans le recueil Pièces plaisantes et déplaisantes (1898-1912). La Profession de Mme Warren (1898), qui traite de la prostitution, fut interdite par la censure pour obscénité. Dans Trois Pièces pour Puritains (1912), Shaw réunit des pièces, historiques ou satiriques, rédigées plusieurs années auparavant: le Disciple du Diable (1896), César et Cléopâtre (1901) et la Conversion du Capitaine Brassbound (1899). Le Disciple du Diable, parodie du mélodrame sentimental du XIXe siècle, eut un certain succès, notamment aux États-Unis. Dans la pièce suivante, l'Homme et le Surhomme (1903), Shaw adapta la légende de Don Juan. Cette pièce, comme la Seconde Île de John Bull (1904), était à l'origine destinée à l'Abbey Theatre de Dublin, qui les refusa pour leur ironie, mais elles furent jouées avec succès à Londres, où elles établirent la réputation de Shaw en tant que dramaturge. Avec le Dilemme du docteur (1906), Shaw poursuivit, à travers la comédie, son investigation des maux de la société et sa recherche de leurs origines. L'auteur s'y livre avec beaucoup de verve à une satire du milieu artistique. Citons encore ses pièces à thèse, Mariage (1908), Mésalliance (1910) et la Première Pièce de Fanny (1911). Le penchant mystique de Shaw s'exprima dans une pièce historique, Androclès et le Lion (1913), qui traite de l'exaltation religieuse en conjuguant les traditions du miracle médiéval avec la pantomime victorienne de Noël. Shaw prétendait que son chef-d'œuvre comique, Pygmalion (1914), était une pièce didactique sur la phonétique. L'adaptation cinématographique de cette pièce, bien des années plus tard, fut un triomphe et inspira la comédie musicale My Fair Lady. Il s'agit, en réalité, d'une diatribe sur l'amour et sur les difficiles rapports entre les différentes classes sociales. Tout aussi flamboyante dans sa forme que Pygmalion, la Maison des cœurs brisés (1919), autre pièce d'importance, était néanmoins sombre dans son propos puisqu'elle montrait la faillite spirituelle de la génération de l'auteur. Le tournant intellectuel représenté par la Première Guerre mondiale (1914-1918) explique sans doute cette différence de point de vue. Pour tenter d'échapper au pessimisme ambiant, Shaw écrivit une suite de cinq pièces en forme de paraboles, sous le nom générique d'En Remontant à Mathusalem (1920), retraçant la progression humaine depuis l'Éden jusqu'à un avenir de science-fiction. C'est après la publication de Sainte Jeanne (1923) que Shaw reçut le prix Nobel de littérature (1925). Dans cette pièce où le lyrisme l'emporte sur la satire, Shaw faisait de Jeanne d'Arc un mélange de mystique pragmatique, de sainte hérétique et de génie inspiré. Shaw écrivait encore à plus de quatre-vingt-dix ans. Alors que l'Europe plongeait dans des crises successives, ses dernières pièces, parmi lesquelles la Charrette de pommes (1929), s'intéressaient à l'individu et aux moyens dont chacun dispose pour mener au mieux sa vie en donnant le meilleur de lui-même. Ces thèmes étaient déjà familiers à l'auteur, mais son approche, à la fois tragi-comique et onirique, était nouvelle. Parmi ses autres ouvrages, citons le court roman les Aventures d'une jeune Négresse à la recherche de Dieu (1932) et son essai le Guide de la femme intelligente en présence du socialisme et du capitalisme (1928). Sa correspondance brillante a également fait l'objet d'une volumineuse publication. Shaw mourut dans sa maison de campagne d'Ayot Saint Lawrence le 2 novembre 1950.

A la nomination d'une petite minorité corrompue, la démocratie substitue l'élection par une masse incompétente.

A notre époque, on se refuse à croire que le plomb puisse être transformé en or... jusqu'au moment où on reçoit la facture du plombier.

A quoi sert l'argent s'il faut travailler pour en avoir?

A quoi servent les cartouches dans une bataille? Moi, à la place, j'emporte toujours du chocolat.

A supposer qu'une femme déclare son amour à un homme au cours des cinq actes d'une pièce, celle-ci n'est monotone que s'il s'agit du même homme.

Après avoir entendu un certain nombre de récitals de piano, rien ne me détend plus que de m'asseoir dans le fauteuil du dentiste et de me faire plomber quelques dents.

Aucun homme n'est l'égal d'une femme, si ce n'est avec un tisonnier et une paire de souliers à clous. Et encore, même ainsi, ne l'est-il pas toujours.

Aussi longtemps que nous aurons des prisons, peu importe par qui les cellules sont occupées.

Avoir du bon sens est inné. Avoir suffisamment de bon sens fait le génie.

Beaucoup de gens ne sont jamais jeunes; quelques personnes ne sont jamais vieilles.

Ce ne sont pas les heures qui sont précieuses, ce sont les minutes.

Celui qui désire une vie de bonheur avec une belle femme ressemble à celui qui veut jouir du goût du vin en ayant la bouche toujours pleine.

Celui qui peut, agit. Celui qui ne peut pas, enseigne.

Ceux que nous appelions des brutes eurent leur revanche quand Darwin nous prouva qu'ils étaient nos cousins.

De nos jours, l'homme du monde est celui qui a assez d'argent pour faire ce que feraient tous les sots, s'ils en avaient les moyens: c'est-à-dire consommer sans produire.

Est-ce qu'on peut arriver au Paradis une demi-heure avant que le diable sache qu'on est mort?

Etre bigame, c'est avoir une femme de trop; être monogame aussi.

Etre patriote, c'est croire que votre pays a raison parce que vous y êtes né.

Il est dangereux d'être sincère, à moins d'être également stupide.

Il n'y a qu'une seule religion, bien qu'il y en ait un centaine de versions.

Il ne sait rien et croît tout savoir. Cela présage indubitablement une carrière politique.

Il y a des fous partout, même dans les asiles.

Il y a deux sortes de savants: les spécialistes, qui connaissent tout sur rien, et les philosophes, qui ne connaissent rien sur tout.

Il y a deux tragédies dans la vie. L'une est de ne pas obtenir ce que l'on désire ardemment, et l'autre de l'obtenir.

Il y a trois sortes de personnes à qui on ne peut demander du bons sens: un homme qui aime, une femme qui aime, une femme qui n'aime pas.

J'ai peur que nous ne devions rendre le monde honnête avant de pouvoir dire honnêtement à nos enfants que l'honnêteté est la meilleure politique.

J'avais un ami qui hésitait entre les diverses formes de suicide. Finalement, c'est le mariage qu'il a choisi.

Je possède ce don d'observation appelé vulgairement cynisme par ceux qui en sont dépourvus.

L'alcool est un anesthésique qui permet de supporter l'opération de la vie.

L'argent ne vaut rien pour l'homme qui a plus que le nécessaire.

L'assassinat est la forme extrême de la censure.

L'assassinat sur l'échafaud est la forme la plus exécrable d'assassinat, parce qu'il est investi de l'approbation de la société.

L'esclavage humain a atteint son point culminant à notre époque sous forme de travail librement salarié.

L'homme est le seul animal qui rougisse; c'est d'ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose.

L'homme qui écoute la raison est perdu: la raison fait des esclaves de tous ceux qui ne sont pas assez forts pour la maîtriser.

L'homme raisonnable s'adapte au monde; l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable.

L'hypocrisie est l'hommage que la vérité paie à l'erreur.

L'obéissance simule la subordination, exactement comme la crainte de la police simule l'honnêteté.

La démocratie est une technique qui nous garantit de ne pas être mieux gouvernés que nous le méritons.

La façon la plus sûre de ruiner un homme qui ne sait pas gérer son argent est de lui en donner davantage encore.

La femme est l'addition des ennuis, la soustraction du porte-monnaie, la multiplication des ennemis et la division des hommes.

La grandeur n'est qu'une des sensations de la petitesse.

La maison familiale est une prison pour les jeunes filles et une maison de correction pour les femmes.

La minorité a quelquefois raison, la majorité a toujours tort.

La modestie n'est pas une vertu mais seulement de la prudence.

La mort ne m'impressionne pas, j'ai moi-même, en effet, l'intention bien arrêtée de mourir un jour.

La vertu consiste non à s'abstenir mais à ne pas le désirer.

La vie est trop courte pour être prise au sérieux.

La vie ne cesse pas d'être gaie parce quelqu'un meurt, tout comme elle ne cesse pas d'être sérieuse quand les gens rient.

Le bonheur, est comme le blé: on ne devrait pas avoir le droit d'en consommer si on n'en produit pas.

Le mariage, c'est l'histoire d'un jeune homme et d'une jeune fille qui cueillent une fleur et reçoivent une avalanche sur la tête.

Le pessimiste? Un homme qui en veut à tous les autres hommes parce qu'il les trouve aussi dégoûtants que lui!

Le pire péché envers nos semblables, ce n'est pas de les haïr, mais de les traiter avec indifférence; c'est là l'essence de l'inhumanité.

Le plus grand des maux et le pire des crimes, c'est la pauvreté.

Le premier amour réclame seulement un peu de sottise et beaucoup de curiosité.

Le seul sport que j'aie jamais pratiqué, c'est la marche à pied, quand je suivais les enterrements de mes amis sportifs.

Le silence est l'expression la plus parfaite du mépris.

Le succès ne consiste pas à ne jamais faire d'erreur mais à ne jamais faire la même erreur deux fois.

Les animaux sont mes amis... et je ne mange pas mes amis.

Les esprits supérieurs comprennent toujours difficilement qu'ils soulèvent des fureurs en faisant ressortir les stupidités de gens relativement bornés.

Les vieillards sont dangereux: ils se moquent bien de ce qui peut arriver après eux.

Liberté implique responsabilité. C'est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent.

Lorsqu'un imbécile fait quelque chose dont il a honte, il déclare toujours que c'est son devoir.

Lorsque Dieu a créé l'homme et la femme, il a bêtement oublié d'en déposer le brevet si bien que maintenant, le premier imbécile venu peut en faire autant.

Ma façon de plaisanter, c'est de dire la vérité. C'est la plaisanterie la plus drôle du monde.

Mieux vaut finir sa vie dans les bras d'une femme que dans les deux bras d'un fauteuil.

N'essaie pas d'être immortel, tu serais voué à l'échec.

Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fissent. Il se peut que leurs goûts ne soient pas les mêmes.

On appelle cercle de famille un endroit où l'enfant est encerclé.

On aura une bonne idée du degré d'éducation d'un homme et d'une femme, en observant la façon dont ils se conduisent pendant une scène de ménage.

On compare souvent le mariage à une loterie. C'est une erreur, car à la loterie, on peut parfois gagner.

On ne chasse pas à sa perte lorsqu'on court après une femme. Ce qui est dangereux, c'est de la rattraper.

Pour éteindre le remords, il n'est que de renouveler souvent l'acte qui l'a fait naître.

Quand un homme et une femme sont mariés, ils ne font plus qu'un. La première difficulté est de décider lequel.

Quand une femme du monde dit non, cela veut dire peut-être; quand elle dit peut-être, cela veut dire oui; et quand elle dit oui, ce n'est pas une femme du monde.

Quand, en ce monde, un homme a quelque chose à dire, la difficulté n'est pas de le lui faire dire, mais de l'empêcher de le dire trop souvent.

Si tu as une pomme, que j'ai une pomme, et que l'on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j'ai une idée et que l'on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées.

Toutes les grandes vérités commencent par être des blasphèmes.

Un homme cultivé est un oisif qui tue le temps en étudiant.

Un homme modérément honnête avec une femme modérément fidèle, tous deux buveurs modérés, dans une maison modérément saine, voilà le vrai type de la classe bourgeoise.

Un homme sans domicile est un vagabond: un homme avec deux domiciles est un libertin.

Un homme se décrit toujours inconsciemment lui-même quand il décrit quelqu'un d'autre.

Un idéologue est quelqu'un qui s'est donné pour tâche de rendre l'homme meilleur que l'humanité.

Un lion ne saurait être bien redoutable. Il n'a pas d'idéal, pas de religion, pas d'opinion politique, pas de courtoisie, pas d'éducation.

Un révolutionnaire est celui qui désire mettre au rancart l'ordre social existant, afin d'en essayer un autre.

Un érudit est un paresseux qui passe son temps à étudier. Prenez garde à ses erreurs: elles sont plus dangereuses que ses lacunes.

Une vie de bonheur! Il n'est pas d'homme capable de l'endurer: ce serait l'enfer sur terre.

Vivre ce n'est pas se trouver, c'est se créer.

Vous n'avez pas plus le droit de consommer le bonheur sans le produire que de consommer la santé sans la produire.

Vous voyez les choses; et vous demandez «pourquoi?». Mais je rêve de choses qui n'existent pas encore; et je demande «pourquoi pas?».

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