Proverbes et citations

Courteline (Georges Moinaux, dit Georges) - citations

Courteline, Georges (1858-1929), écrivain et auteur dramatique français qui s'attacha, avec une verve satirique, à dépeindre les travers de la petite bourgeoisie de son temps. Courteline, de son vrai nom Georges Moinaux, naquit le 25 juin 1858; il avait de qui tenir, puisqu'il était le fils de Jules Moinaux, humoriste et auteur dramatique (lequel lui déconseilla pourtant d'embrasser la carrière littéraire). Après son service militaire, Courteline devint fonctionnaire au ministère des Cultes; ces deux expériences allaient lui fournir ses principales sources d'inspiration littéraire. Il passa quatorze ans dans la fonction publique, à observer ses collègues tout à loisir, avant que le succès de ses œuvres ne lui permette de se consacrer exclusivement à l'écriture. Auteur apprécié en son temps, Courteline fut décoré de la Légion d'honneur en 1899 et élu à l'Académie Goncourt en 1926. Dans ses premiers ouvrages, comme les Gaietés de l'escadron (1886) ou Lidoire (1891), Courteline s'amusa à tourner en dérision l'armée, puis il s'attaqua naturellement aux employés de bureau et aux bureaucrates, comme c'est le cas dans Messieurs les Ronds-de-Cuir (1893). La mentalité et l'attitude des petits bourgeois firent également les frais de sa verve satirique, servie par un style admirable: son chef-d'œuvre reste peut-être sa célèbre nouvelle intitulée Boubouroche (1893), qu'André Antoine lui fit adapter pour son Théâtre-Libre. Courteline fut l'auteur de nombreux autres récits et de nombreuses pièces qui sont autant de croquis pertinents, saisis sur le vif mais sans vraie méchanceté, de tel ou tel milieu social. Citons, à titre d'exemple, des œuvres comme Un client sérieux (1896) ou les Balances (1901), consacrées au milieu de la justice et des tribunaux, mais aussi la Peur des coups (1894), Monsieur Badin (1897) ou la Paix chez soi (1903), pièces qui n'ont d'autre prétention que d'amuser le public en lui montrant ses propres ridicules.

En Hollande, les gens sont tellement propres que, quand ils ont envie de cracher, ils prennent le train pour la campagne.

Il est exact que ça porte malheur de se marier un vendredi 13, car il n'y a pas de raison pour que ce jour fasse exception.

Il est plus facile de lever une femme que de la laisser tomber.

Il est évidemment bien dur de ne plus être aimé quand on aime, mais cela n'est pas comparable à l'être encore quand on n'aime plus.

Il faut éviter le paradoxe, comme une fille publique qu'il est, avec laquelle on couche à l'occasion, pour rire, mais qu'un fou, seul, épouserait.

Il n'y a pas de milieu: quand on n'est plus jeune, on est vieux, et à partir de cinquante ans, on est tous du même âge.

Il ne faut jamais gifler un sourd. Il perd la moitié du plaisir. Il sent la gifle mais il ne l'entend pas.

Il vaut mieux gâcher sa jeunesse que de n'en rien faire du tout.

J'étais né pour rester jeune, et j'ai eu l'avantage de m'en apercevoir le jour où j'ai cessé de l'être.

Je ne vais pas à la messe car elle est à l'heure de l'apéritif.

J'ai connu une femme qui voulait divorcer pour ne pas rester l'épouse d'un mari trompé.

L'amour n'est fait que du désir d'avoir ou de la gratitude d'avoir eu.

La douceur de l'homme pour la bête est la première manifestation de sa supériorité sur elle.

La femme est meilleur qu'on le dit: elle ne blague les larmes des hommes que si elle les a elle-même fait couler.

La femme ne voit jamais ce que l'on fait pour elle; elle ne voit que ce qu'on ne fait pas.

La quantité de bêtises qu'une femme pas bête peut accumuler en peu de temps est une chose déconcertante.

Le dédain de l'argent est fréquent, surtout chez ceux qui n'en ont pas.

Les femmes dont on dit qu'elles ont été belles ont à mes yeux le même intérêt que les pièces démonétisées dont on dit qu'elles ont été bonnes.

Les filles ont ceci pour elles qu'elles le sont toujours un peu plus qu'on ne pensait.

Les pianos devraient être frappés de deux impôts: le premier au profit de l'Etat, le second au profit des voisins.

Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.

Pour savoir qu'un verre était de trop, encore faut-il l'avoir bu.

Pourquoi donc, dans un groupe de femmes bavardant comme des perruches, la conversation cesse-t-elle aussitôt qu'un monsieur s'approche?

S'il fallait tolérer aux autres tout ce qu'on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable.

Une dame disait un jour devant moi, d'elle-même, comme la chose la plus naturelle du monde: «Je ne pense jamais, cela me fatigue; ou, si je pense, je ne pense à rien.»

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