Proverbes et citations
 
 

Nerval (Gérard Labrunie, dit Gérard de) - citations

Nerval, Gérard de (1808-1855), écrivain français d'inspiration romantique qui fut le précurseur de toutes les formes de surnaturalisme moderne. Né à Paris, Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, ne connut jamais sa mère, qui mourut en Allemagne deux ans après sa naissance. Élevé par son grand-père, il passa son enfance à Mortefontaine, dans le Valois, région qui servira de cadre à la plupart des récits des Filles du feu. Élève au lycée Charlemagne, à Paris, il y fit la rencontre de Théophile Gautier, avec qui il se lia d'amitié. Dès l'âge de vingt ans, il s'attira une certaine notoriété en publiant une traduction du Faust de Goethe qui lui valut les félicitations de l'auteur lui-même et qui fait encore autorité aujourd'hui. Il connut alors les principaux écrivains romantiques (Petrus Borel, Victor Hugo, Charles Nodier), fit partie de la bohème littéraire de l'époque, et prit une part active à la bataille d'Hernani, aux côtés de Gautier. En 1834, il rencontra l'actrice Jenny Colon, à qui il voua une passion, et qui fut sans doute à l'origine de certaines images de femmes qui hantent son œuvre. Désespéré par le mariage de cette actrice avec un rival (1838), Nerval décida de voyager, d'abord en Allemagne, puis en Autriche. De retour en France, il eut, en 1841 une première crise d'hallucinations et de délire, au cours de laquelle il associa des images de sa mère disparue à un univers imaginaire dont il se croyait le souverain. Interné à la clinique du docteur Blanche de février à novembre, Nerval considéra cet épisode comme une expérience d'ordre poétique. En 1843, il entreprit une visite de l'Orient (Égypte, Liban, Rhodes, Syrie, Turquie) qui inspira la rédaction du Voyage en Orient, publié en 1851. Interné à plusieurs reprises (janvier-février 1852, février-mars 1853, août 1853-mai 1854, fin 1854), il n'en cessa pas moins ses allers et retours entre la France et l'étranger, profitant du répit que lui laissait sa maladie pour repartir vers de nouveaux horizons. Ses textes les plus importants parurent à la fin de sa vie: un recueil de douze sonnets (les Chimères), des nouvelles poétiques (les Filles du feu) et des récits (Petits châteaux de Bohême; Sylvie) en 1853; enfin son dernier récit (Aurélia), en 1855, peu de temps avant qu'il soit retrouvé pendu à une grille, rue Basse-de-la-Vieille-Lanterne. Marquée par le sentiment profond de la dualité de l'âme humaine, l'œuvre de Nerval est fondée sur une série d'antithèses entre la réalité et le songe, le présent et le passé, la vie et la mort, la lumière et l'obscurité, et exprime une quête de l'imaginaire où la femme joue un rôle fondamental. Sa conception de l'amour, où prédominent la répétition et le souvenir, peut faire penser à certains aspects du cycle romanesque de Proust. Mais Nerval donne à sa quête de la vérité et de l'identité une dimension fantastique qui confine parfois à l'hermétisme, et qui tend à rendre floues les frontières qui séparent le réel du merveilleux et de la folie.

Dans l'affection que je vous porte, il y a trop de passé pour qu'il n'y ait pas beaucoup d'avenir.

Dans le caractère de notre nation, il y a toujours une tendance à exercer la force, quand on la possède, ou les prétentions du pouvoir, quand on le tient en main.

Il en est parfois des hommes comme de certains vins qui ont besoin de vieillir et de se dépouiller pour avoir toute leur saveur, toutes leurs qualités.

Il est dangereux de passer trop tôt pour un écrivain de bon sens: c'est le privilège des médiocrités mûres.

Il n'y a qu'un seul vice dont on ne voie personne se vanter, c'est l'ingratitude.

Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.

Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les femmes.

Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours!

Je n'ai jamais éprouvé que le sommeil fût un repos. Après un engourdissement de quelques minutes une vie nouvelle commence.

L'amour constant ressemble à la fleur du soleil,
Qui rend à son déclin, le soir, le même hommage
Dont elle a, le matin, salué son réveil!

Le Rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.

Le geôlier est une autre sorte de captif. - Le geôlier est-il jaloux des rêves de son prisonnier?

Le vrai, c'est le faux - du moins en art et en poésie.

Les grandes idées ne viennent pas du mauvais esprit.

Les illusions tombent l'une après l'autre, comme les écorces d'un fruit, et le fruit, c'est l'expérience. Sa saveur est amère.

Notre passé et notre avenir sont solidaires. Nous vivons dans notre race, et notre race vit en nous.

Notre pauvre lune de miel n'a guère eu qu'un premier quartier...

Nous sommes tous parents de Dieu, et la terre a besoin qu'aucun de nous ne souffre; car ce sont les imprécations des malheureux qui s'amassent et causent des désastres.

On ne peut empêcher les gens de parler, et c'est ainsi que s'écrit l'histoire.

Si tu es sage, ne le dis pas et n'en montre pas les raisons, car on dira que tu veux tromper.

Un souvenir, mon ami. Nous ne vivons qu'en avant ou en arrière.

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