Proverbes et citations
 
 

Giraudoux (Jean) - citations

Giraudoux, Jean (1882-1944), écrivain et diplomate français. Issu d'une famille provinciale modeste, et brillant étudiant, il entra en 1903 à l'École normale supérieure, où il eut comme professeur Charles Andler, spécialiste de la littérature allemande, qui suscita chez lui un intérêt passionné pour les relations franco-germaniques. En 1909, Giraudoux publia un premier recueil de nouvelles, les Provinciales. L'année suivante, il fut admis au concours des Affaires étrangères; dès lors, il mena de front sa carrière diplomatique et son œuvre d'écrivain. L'expérience de la guerre, où il fut blessé à deux reprises, le marqua profondément. En 1918, il fit paraître son premier roman, Simon le pathétique, ouvrage de nature autobiographique, suivi de deux récits, Suzanne et le Pacifique (1921), transposition au féminin du mythe de Robinson Crusoé, et Siegfried et le Limousin (1922), qui aborde la question franco-allemande à travers la double identité du personnage principal, Jacques Forestier. En 1927, il rencontra Louis Jouvet, directeur de la Comédie des Champs-Élysées, avec qui il allait collaborer pendant presque vingt ans. Dès 1928 eut lieu la première représentation du Siegfried, pièce inspirée du roman mise en scène par Jouvet, qui remporta un grand succès; loin du théâtre de boulevard naissait à cette occasion un théâtre de texte, dense, littéraire, poétique. Après Siegfried, Giraudoux continua d'écrire des romans et des nouvelles mais se consacra essentiellement au théâtre, toujours en collaboration avec Jouvet, qui monta successivement Amphitryon 38 (1929); Judith (1931); Intermezzo (1933) et surtout, La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), véritable plaidoyer en faveur de la paix. De 1928 à 1944, Giraudoux écrivit quinze pièces, dont treize furent mises en scène par Jouvet. Si le dramaturge invente parfois ses sujets (comme pour Intermezzo), il arrive fréquemment qu'il s'inspire d'un mythe, ou d'une légende, qu'il actualise et auquel il fait subir d'importantes variations (ajout de personnages, suppression d'épisodes). Son œuvre est marquée par un certain nombre de thèmes récurrents, liés à ses conflits intérieurs, à son expérience de la guerre, à son intérêt pour la question franco-allemande ou à sa carrière diplomatique en général. Nommé commissaire de l'Information au début de la guerre, il abandonna toutes ses fonctions officielles après 1940. Sans être un écrivain engagé, au sens sartrien du terme, il ne cessa d'utiliser, tout au long de sa carrière, le théâtre comme une tribune.

(Le destin) est simplement la forme accélérée du temps.

Servir), c'est la devise de tous ceux qui aiment commander.

Adam croit dur comme fer qu'il a été chassé du paradis terrestre. Eve n'en est pas sûre du tout, et agit, en tout cas, comme si elle y restait.

C'est avec leurs mensonges du matin que les femmes font leurs vérités du soir.

Ce qu'aiment les hommes, ce que tu aimes, ce n'est pas connaître, ce n'est pas savoir: c'est osciller entre deux vérités ou deux mensonges.

Cette fosse commune de la vie qu'est la promiscuité.

Depuis la création du monde il n'y a eu qu'une entente sacrée: la connivence des femmes.

Dieu n'a pas encore trouvé d'autre moyen de choisir un peuple ou un être que de le maudire.

Dieu n'a pas prévu le bonheur pour ses créatures: il n'a prévu que des compensations.

Dieu ne parvient que par sa pitié à distinguer le sacrifice du suicide.

Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple.

Il n'y a jamais eu de créature. Il n'y a jamais eu que le couple.

Il suffit de chanter un chant de paix avec grimace et gesticulation pour qu'il devienne un chant de guerre.

Il était un pauvre serpent qui collectionnait toutes ses peaux. C'était l'homme.

Je suis toujours furieux contre moi quand les autres ont tort.

L'amant est toujours plus près de l'amour que de l'aimée.

L'amour comporte des moments vraiment exaltants, ce sont les ruptures.

L'eau sur le canard marque mieux que la souillure sur la femme.

L'humanité... est une entreprise surhumaine.

La grandeur de l'homme est qu'il peut trouver à peiner là où une fourmi se reposerait.

La principale difficulté avec les femmes honnêtes n'est pas de les séduire, c'est de les amener dans un endroit clos. Leur vertu est faite de portes entrouvertes.

La vertu est la faiblesse des militaires forts et la cuirasse des magistrats faibles.

Le bonheur est une petite chose qu'on grignote, assis par terre, au soleil.

Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d'ailleurs est inconnue.

Le privilège des grands, c'est de voir les catastrophes d'une terrasse.

Le seul Narcisse coupable est celui qui trouve les autres laids.

Les femmes fidèles sont toutes les mêmes, elles ne pensent qu'à leur fidélité et jamais à leurs maris.

On ne tue bien que ce qu'on aime.

Que c'est beau le mensonge, chez une femme vraie!

Un peuple n'a une vie réelle grande que s'il a une vie irréelle puissante.

Un seul être vous manque et tout est repeuplé.

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