Proverbes et citations

Rousseau (Jean-Jacques) - citations

Rousseau, Jean-Jacques (1712-1778), philosophe et écrivain genevois de langue française, qui fut l'un des plus brillants représentants du siècle des Lumières. Né à Genève, il perdit sa mère quelques jours après sa naissance et fut élevé par un oncle et une tante. À l'âge de treize ans, il commença un apprentissage de graveur mais prit la fuite au bout de quelques années. Il rencontra alors Louise de Warens, femme fortunée qui devint sa protectrice et qui eut une influence profonde sur son œuvre. En 1742, il se rendit à Paris où il gagna sa vie comme maître de musique, comme copiste et comme secrétaire particulier. Il se lia d'amitié avec le philosophe Denis Diderot, qui le chargea de rédiger des articles sur la musique pour l'Encyclopédie. Lauréat du prix de l'Académie de Dijon pour son Discours sur les sciences et les arts (1750), il fit représenter, en 1752, un opéra, le Devin du village, qui connut un assez bon succès. Dans le premier Discours tout comme dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), il défendit l'idée que la science, les arts et les institutions sociales ont corrompu le genre humain et que l'état naturel est moralement supérieur à l'état civilisé («… les premiers mouvements de la nature sont toujours droits …»). Hébergé à Montmorency chez M. et Mme de Luxembourg entre 1756 et 1762, il y termina la rédaction d'un roman épistolaire (Julie ou la Nouvelle Héloïse, 1761), sorte d'application littéraire de sa théorie, qui exalte les bienfaits du retour à la vie naturelle. Dans son traité politique Du contrat social (1762), il plaida pour la liberté civile et contribua à préparer le fonds idéologique de la Révolution française, en prenant le parti de la volonté populaire contre le droit divin. Son roman l'Émile (1762), qui exposait de nouveaux principes pédagogiques, fondés notamment sur la libre expression de l'enfant et opposés à toute recherche de précocité, lui valut d'être condamné par l'Église et le contraignit à l'exil. À la fin de l'année 1762, il gagna d'abord la Suisse, puis se rendit en Prusse et enfin en Angleterre, afin d'y rencontrer le philosophe David Hume. Rentré en France en 1768, il acheva son ouvrage le plus célèbre, les Confessions (posthume, 1782), véritable examen de conscience, où il rapporta, dans une langue remarquable de précision, les conflits psychologiques et moraux qui marquèrent sa propre vie, devenant ainsi le fondateur de l'autobiographie moderne. Dans un autre écrit autobiographique (les Rêveries du promeneur solitaire, posthume, 1782), il évoqua les instants de bonheur passés au milieu de la nature, loin des contraintes du réel et de la société. Rousseau a largement contribué au mouvement du siècle des Lumières en faveur de la liberté individuelle, contre les différentes formes d'absolutisme. Dans son œuvre, il propose de voir dans l'État l'incarnation de la volonté abstraite des citoyens, liés entre eux par un «contrat» dont les législateurs de la Révolution reprendront l'idée. Ses théories pédagogiques ont ouvert la voie à des méthodes plus soucieuses de la psychologie de l'enfant. Elles ont notamment influencé l'éducateur allemand Friedrich Froebel, le pédagogue suisse Johann Heinrich Pestalozzi et d'autres pionniers de l'éducation moderne. La Nouvelle Héloïse et les Confessions ont inauguré un nouveau style: expression des sentiments tels qu'ils ont été ressentis, prise en compte de la vie intérieure, exploration des conflits entre les valeurs morales et la sensualité. Par ses écrits, Rousseau a été l'un des précurseurs du romantisme. On retrouve aussi son influence dans les fondements de la psychologie, de la psychanalyse, voire même de l'existentialisme, en raison de l'importance qu'il accorde au libre arbitre, de son rejet de la doctrine du péché originel, et de sa défense de l'apprentissage par l'expérience plutôt que par l'analyse.

A moins qu'une belle femme ne soit un ange, son mari est le plus malheureux des hommes.

C'est une prévoyance très nécessaire de sentir qu'on ne peut tout prévoir.

Ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.

Ces deux mots patrie et citoyen doivent être effacés des langues modernes.

Depuis que le monde existe on n'a jamais vu deux amants en cheveux blancs soupirer l'un pour l'autre.

En n'asservissant les honnêtes femmes qu'à de tristes devoirs, on a banni du mariage tout ce qui pouvait le rendre agréable aux hommes.

Et dans ce monde et dans l'autre, les méchants sont toujours bien embarrassants.

Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu.

Il faut bien mentir quelquefois quand on est évêque.

Il ne faut accorder aux sens quand on veut leur refuser quelque chose.

Il ne faut point refuser pour refuser, mais pour faire valoir ce qu'on accorde.

Il y a souvent plus de stupidité que de courage dans une constance apparente.

J'ai dit des vérités aux hommes; ils les ont mal prises; je ne dirai plus rien.

J'ai toujours cru que le beau n'était que le bon mis en action, que l'un tenait intimement à l'autre, et qu'ils avaient tous deux une source commune dans la nature bien ordonnée.

J'aime mieux être homme à paradoxes qu'homme à préjugés.

J'appelle République tout Etat régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être.

J'ose presque assurer que l'état de réflexion est un état contre nature, et que l'homme qui médite est un animal dépravé.

Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe.

Je connais trop les hommes pour ignorer que souvent l'offensé pardonne mais que l'offenseur ne pardonne jamais.

Je m'aime trop moi-même pour pouvoir haïr qui que ce soit.

Je me sens le coeur ingrat par cela seul que la reconnaissance est un devoir.

L'art d'assaisonner les plaisirs n'est que celui d'en être avare.

L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres.

L'espèce de bonheur qu'il me faut, ce n'est pas tant de faire ce que je veux que de ne pas faire ce que je ne veux pas.

L'homme est né libre et partout il est dans les fers.

L'homme n'est point fait pour méditer mais pour agir.

L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut.

L'oisiveté me suffit, et, pourvu que je ne fasse rien, j'aime encore mieux rêver éveillé qu'en songe.

L'ordre social ne vient pas de la nature; il est fondé sur des conventions.

L'âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu'à la tristesse prolongée.

La conscience ne trompe jamais; elle est le vrai guide de l'homme: elle est à l'âme ce que l'instinct est au corps.

La critique est une chose bien commode: on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre.

La feinte charité du riche n'est en lui qu'un luxe de plus; il nourrit les pauvres comme des chiens et des chevaux.

La femme observe et l'homme raisonne.

La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer.

La mode domine les provinciales, mais les parisiennes dominent la mode.

La nature a fait l'homme heureux et bon, mais... la société le déprave et le rend misérable.

La violence de la femme est dans ses charmes.

Le bonheur est un état constant et l'homme un être trop muable pour que l'un convienne à l'autre.

Le chef est l'image du père, le peuple est l'image des enfants, et tous étant nés égaux et libres n'aliènent leur liberté que pour leur utilité.

Le faux est susceptible d'une infinité de combinaisons; mais la vérité n'a qu'une manière d'être.

Le langage figuré fut le premier à naître, le sens propre fut trouvé en dernier.

Le monde de la réalité a ses limites; le monde de l'imagination est sans frontières.

Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir.

Le sauvage vit en lui-même; l'homme sociable toujours hors de lui ne sait vivre que dans l'opinion des autres.

Les actes de la conscience ne sont pas des jugements mais des sentiments.

Les choses les plus difficiles à confesser ne sont pas les crimes, mais les actes ridicules et honteux.

Les enfants flattent quelquefois les vieillards, mais ils ne les aiment jamais.

Les fripons sont d'honnêtes gens comme tout le monde!

Les fruits sont à tous, et la terre n'est à personne.

Les gouvernements qui se conduisent le mieux sont ceux dont on parle le moins.

Les hommes à qui l'on parle ne sont point ceux avec qui l'on converse.

Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n'ont rien.

Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant.

Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s'en passer.

Les sensations ne sont rien que ce que le coeur les fait être.

N'étant pas capable de jugement les enfants n'ont point de véritable mémoire.

Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation: c'est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire.

Nul ne veut le bien public que quand il s'accorde avec le sien.

On a fait l'Amour aveugle, parce qu'il a de meilleurs yeux que nous.

On dirait que mon coeur et mon esprit n'appartiennent pas au même individu.

On n'est curieux qu'à proportion qu'on est instruit.

Oserais-je exposer ici la plus grande, la plus importance, la plus utile règle de toute l'éducation? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre.

Peuples, sachez donc une fois que la Nature a voulu vous préserver de la Science, comme une père arrache une arme dangereuse des mains de son enfant.

Pourquoi voudrais-je être Caton qui déchire ses entrailles, plutôt que César triomphant?

Que vous donnez de force aux mots, et que vous en donnez peu aux choses.

Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs.

Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.

S'il faut obéir par force on n'a pas besoin d'obéir par devoir.

Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit.

Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu.

Suffit-il de n'être jamais injuste pour être toujours innocent?

Tous nos soins à bien traiter et nourrir ces animaux n'aboutissent qu'à les abâtardir.

Tout homme est utile à l'humanité par cela seul qu'il existe.

Toute méchanceté vient de faiblesse; l'enfant est méchant que parce qu'il est faible; rendez-le fort, il sera bon.

Un homme vraiment heureux ne parle guère et ne rit guère; il resserre pour ainsi dire son bonheur autour de lui.

Une vie dure est plus facile à supporter en province que la fortune à poursuivre à Paris.

Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d'abord des polissons.

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