Proverbes et citations
 
 

Fargue (Léon-Paul) - citations

Fargue, Léon-Paul (1876-1947), poète français. Fils d'un ingénieur qui ne le reconnut légalement qu'à l'âge de seize ans —frustration dont il souffrit toute sa vie durant—, il fit ses études au collège Rollin, où il eut Mallarmé comme professeur d'anglais, puis au lycée Janson-de-Sailly. Indécis, bon vivant, il arpenta le Paris de la Belle Époque en compagnie de son camarade Alfred Jarry, tout en lisant abondamment. Il fut très tôt introduit dans les salons littéraires, où il rencontra Claudel, Valéry, Gide et Debussy; sa mémoire prodigieuse, sa vivacité d'esprit et ses dons de fin observateur firent de lui un causeur joyeux, partout remarqué. Admirateur de Mallarmé, de Verlaine, de Baudelaire et de Laforgue, il publia ses poèmes dans des revues néosymbolistes avant de les réunir en recueils (Tancrède, 1895; Poèmes, 1912; Pour la musique, 1914). Il adopta la prose concise ou le vers libre pour dire avec une simplicité émouvante et un lyrisme contenu sa tristesse désabusée. Dans une langue riche d'images insolites et de trouvailles parfois cocasses, toujours limpide et chaleureuse, il privilégia les motifs les plus simples, comme les menus souvenirs d'enfance, les objets du quotidien, ou s'éleva parfois aux visions cosmiques et oniriques (Vulturne, 1928). Mais il reste surtout le poète de la capitale, qu'il a peu quittée (D'après Paris, 1932; le Piéton de Paris, 1939), et le brillant chroniqueur de la société parisienne du début du siècle (Haute Solitude, 1941; Refuges, 1942; Lanterne magique, 1944; Méandres, 1947; Portraits de famille, 1947). Demeuré à l'écart du surréalisme comme de l'engagement révolutionnaire, il dirigea la revue Commerce à partir de 1932. Frappé d'hémiplégie en 1943, il mourut chez lui, à Montparnasse, quatre ans plus tard.

Chateaubriand, pédicure pour reines barrées, tueur de rats musqués dans sa chambre.

Dans nos livres, il y a trop d'appelés et trop d'élus.

En art, il faut que la mathématique se mette aux ordres des fantômes.

Il faut que chaque mot qui tombe soit le fruit bien mûr de la succulence intérieure, la goutte qui glisse du bec de la bécasse à point.

Il n'y a pas de simplicité véritable. Il n'y a que des simplifications.

J'appelle bourgeois quiconque renonce à soi-même, au combat et à l'amour, pour sa sécurité.

L'art ne sera que là où vous saurez percevoir, et faire apercevoir, la solidarité haineuse qui lie l'être et le vivre.

L'artiste contient l'intellectuel. La réciproque est rarement vraie.

L'intelligence est un capitaine qui est toujours en retard d'une bataille. Et qui discute après la bataille.

Le bon écrivain est celui qui enterre un mot chaque jour.

Paix sur la terre aux hommes de bonne incohérence!

Sache souffrir. Mais ne dis rien qui puisse troubler la souffrance des autres.

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