Proverbes et citations

Vauvenargues (Luc de Clapiers, marquis de) - citations

Vauvenargues, Luc de Clapiers, marquis de (1715-1747), moraliste français qui passe pour avoir réhabilité le sentiment au siècle des Lumières. Il naquit à Aix-en-Provence dans une famille de petite noblesse peu fortunée, mais sa jeunesse reste mal connue. Ses lectures des philosophes anciens l'orientèrent vers le stoïcisme. Pris de gloire militaire, il choisit la carrière des armes en 1735, mais dut quitter l'armée en 1744, à cause de problèmes de santé. Dès 1737, il avait commencé parallèlement une carrière littéraire avec un Traité sur le libre arbitre, et, en 1743, avait envoyé à Voltaire un texte comparant Corneille et Racine. De retour à Paris, il écrivit des Caractères imités de La Bruyère, publia une Introduction à la connaissance de l'esprit humain suivie de Réflexions et maximes (1746) et s'éteignit à trente-deux ans, peu connu de ses contemporains. S'il admire Voltaire, c'est plutôt Rousseau qu'il annonce. Contestant les thèses de La Rochefoucauld et de Pascal, à qui il emprunte la forme de leurs écrits, il affirme en effet la bonté de la nature et du cœur. Il prône le culte des grandes passions, l'amour et l'amitié, persuadé que l'instinct de l'homme, quand la raison et le cœur le guident tour à tour, est orienté vers le bien. Cette œuvre philosophique inaugure en même temps une critique littéraire fondée sur le sentiment. La personne de Vauvenargues a marqué ses proches tout autant que son œuvre, en raison de sa noblesse de cœur et de son courage, qui se sont heurtés à l'adversité et à la souffrance.

C'est un grand signe de médiocrité de louer toujours modérément.

C'est un malheur que les hommes ne puissent d'ordinaire posséder aucun talent sans avoir quelque envie d'abaisser les autres.

C'est être médiocrement habile, que de faire des dupes.

Ce qui fait qu'on goûte médiocrement les philosophes, c'est qu'ils ne nous parlent pas assez des choses que nous savons.

Ceux qui se moquent des penchants sérieux aiment sérieusement les bagatelles.

Il est difficile d'estimer quelqu'un comme il veut l'être.

Il est faux que l'égalité soit une loi de la nature. La nature n'a rien fait d'égal; la loi souveraine est la subordination et la dépendance.

Il est plus aisé de dire des choses nouvelles que de concilier celles qui ont été dites.

Il n'y a peut-être point de vérité qui ne soit à quelque esprit faux matière d'erreur.

Il y a des gens qui n'auraient jamais fait connaître leur talents, sans leurs défauts.

Il y a des semences de bonté et de justice dans le coeur de l'homme, si l'intérêt propre y domine.

Il y a plus de grandes fortunes que de grands talents.

L'espérance est le plus utile et le plus pernicieux des biens.

L'espérance fait plus de dupes que l'habileté.

L'estime s'use comme l'amour.

L'incrédulité a ses enthousiastes, ainsi que la superstition.

La clarté est la bonne foi des philosophes.

La guerre n'est pas si onéreuse que la servitude.

La générosité souffre des maux d'autrui, comme si elle en était responsable.

La haine des faibles n'est pas si dangereuse que leur amitié.

La haine n'est pas moins volage que l'amitié.

La modération des faibles est médiocrité.

La perfection d'une pendule n'est pas d'aller vite, mais d'être réglée.

La raison nous trompe plus souvent que la nature.

La servitude abaisse les hommes jusqu'à s'en faire aimer.

La solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps, mortelle lorsqu'elle est trop longue, quoique nécessaire.

Le corps a ses grâces, l'esprit ses talents, le coeur n'aurait-il que des vices?

Le défaut d'ambition, dans les grands, est quelquefois la source de beaucoup de vices; de là le mépris des devoirs, l'arrogance, la lâcheté et la mollesse.

Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres est qu'ils veulent leur bien.

Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l'hiver.

Les femmes ne peuvent comprendre qu'il y ait des hommes désintéressés à leur égard.

Les feux de l'aurore ne sont pas si doux que les premiers regards de la gloire.

Les grandes pensées viennent du coeur.

Les hommes ont de grandes prétentions et de petits projets.

Les premiers jours du printemps ont moins de grâce que la vertu naissante d'un jeune homme.

L'ambition ardente exile les plaisirs de la jeunesse pour gouverner seule.

Ni l'ignorance n'est défaut d'esprit, ni le savoir n'est preuve de génie.

Nous n'avons ni la force ni les occasions d'exécuter tout le bien et tout le mal que nous projetons.

Nous n'avons pas assez d'amour-propre pour dédaigner le mépris d'autrui.

On méprise les grands desseins lorsqu'on ne se sent pas capable des grands succès.

On ne peut juger de la vie par une plus fausse règle que la mort.

On promet beaucoup pour se dispenser de donner peu.

Personne n'est sujet à plus de fautes que ceux qui n'agissent que par réflexion.

Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir.

Quant on sent qu'on n'a pas de quoi se faire estimer de quelqu'un, on est bien près de le haïr.

Quelque mérite qu'il puisse y avoir à négliger les grandes places, il y en a peut-être encore plus à bien les remplir.

Quiconque est plus sévère que les lois est un tyran.

Un homme sans passion est un roi sans sujet.

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