Proverbes et citations
 
 

Yourcenar (Marguerite de Crayencour, dite Marguerite) - citations

Yourcenar, Marguerite (1903-1987), écrivain français, auteur des Mémoires d'Hadrien, qui a été la première femme élue à l'Académie française. Son vrai nom est Marguerite de Crayencour, dont Yourcenar est l'anagramme. Orpheline de mère à sa naissance, elle eut aux côtés de son père une enfance placée sous le signe du cosmopolitisme. Sa formation très classique, où dominait l'étude du latin, du grec et des langues vivantes, influença fortement son œuvre, dans laquelle se manifeste une fascination pour l'Antiquité, donnée comme un modèle de la langue et de la pensée («presque tout ce que les hommes ont fait de mieux a été dit en grec»). Marguerite Yourcenar s'installa en 1949 sur l'île des Monts-Déserts, aux États-Unis. En mars 1980, elle fut élue à l'Académie française, où elle remplaçait Roger Caillois. Marguerite Yourcenar s'est illustrée dans tous les genres littéraires, mais cette œuvre variée trouve une unité forte dans les exigences éthiques et spirituelles qui la caractérisent. Son style très pur est d'un extrême classicisme, toujours minutieusement travaillé. Il est vrai que Marguerite Yourcenar ne cessa de réfléchir à sa démarche d'écrivain, ce qui l'amena parfois à réécrire ses textes antérieurs. Ainsi Denier du rêve, dont l'action se déroule dans l'Italie fasciste, fut composé en 1934, puis remanié en 1959 lorsque l'auteur sentit la nécessité de modifier son analyse des événements historiques. En 1929, Marguerite Yourcenar publia son premier roman, Alexis ou le traité du vain combat, qui se présente comme la lettre qu'un jeune homme adresse à sa femme pour lui faire l'aveu de son homosexualité et reprendre ainsi une liberté nécessaire tout en mettant fin au mensonge. Elle donna ensuite Feux (1936), les Nouvelles orientales (1938) et le Coup de grâce (1939). Ses deux ouvrages les plus connus sont les Mémoires d'Hadrien (1951) et l'Œuvre au noir (1968), pour lequel elle reçut le prix Femina. Dans ses Mémoires fictives, l'empereur Hadrien adresse au futur Marc Aurèle une longue lettre où, au seuil de la mort, il fait le bilan de son action en même temps que son examen de conscience; il se livre à une longue méditation sur le pouvoir et la gloire, mais aussi sur le monde des hommes simples, auquel, malgré sa condition d'empereur, il se sent rattaché. L'œuvre, écrite dans une langue épurée, parfaite imitation du style des stoïciens de l'Antiquité, est émouvante par la sobriété avec laquelle sont évoquées les souffrances et la maladie d'Hadrien, ses passions et le chagrin que lui a causé le suicide de son amant Antinoüs. L'Œuvre au noir a également pour héros un personnage du passé, mais fictif celui-là: Zénon, s'il n'a pas réellement existé, emprunte pourtant à de nombreuses figures importantes de la Renaissance son caractère de savant et d'humaniste. Le roman est aussi pour l'auteur l'occasion de dessiner un tableau du XVIe siècle en proie à de grands bouleversements religieux et intellectuels. Dans ces deux œuvres, Marguerite Yourcenar s'approprie une figure historique, réelle ou imaginaire, pénètre à l'intérieur de son âme pour montrer le monde à travers ses yeux. Les deux ouvrages trouvent un parfait équilibre entre le caractère subjectif de cette vision et l'exactitude historique des faits, du langage et des mentalités qui sont dépeints. Marguerite Yourcenar applique une méthode similaire dans son autobiographie, le Labyrinthe du monde, qui comprend trois parties, Souvenirs pieux (1974), consacré à son ascendance maternelle, Archives du Nord (1977), consacré à la généalogie de son père, et Quoi? L'Éternité (1988), où elle évoque sa propre enfance. Sa dernière œuvre romanesque, Comme l'eau qui coule (1982) parut d'abord composée de trois nouvelles: Anna, soror (éditée d'abord seule en 1935), puis Un Homme obscur suivie de Une belle matinée (composées respectivement en 1979 et 1981). Parmi les autres œuvres de Marguerite Yourcenar, citons les Songes et les Sorts, un essai publié en 1938, En pèlerin et en étranger, paru à titre posthume en 1989, ainsi que des traductions de gospels américains et des œuvres du poète grec Constantin Cavafy.

Avoir du mérite à s'abstenir d'une faute, c'est une façon d'être coupable.

Des moments libres. Toute vie bien réglée a les siens, et qui ne sait pas les provoquer ne sait pas vivre.

Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin.

Il n'est pas difficile de nourrir des pensées admirables lorsque les étoiles sont présentes.

Il y a plus d'une sagesse, et toutes sont nécessaires au monde; il n'est pas mauvais qu'elles alternent.

La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir.

La passion comblée a son innocence, presque aussi fragile que toute autre.

Le malheur est que, parfois, des souhaits s'accomplissent, afin que se perpétue le supplice de l'espérance.

Le silence est fait de paroles que l'on n'a pas dites.

Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même.

Les lois sont dangereuses quand elles retardent sur les moeurs. Elles le sont davantage lorsqu'elles se mêlent de les précéder.

Nos défauts sont parfois les meilleurs adversaires que nous opposions à nos vices.

Nous nous croyons purs tant que nous méprisons ce que nous ne désirons pas.

On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses.

Peu de bipèdes depuis Adam ont mérité le nom d'homme.

Rien n'est plus lent que la véritable naissance d'un homme.

Tous nous serions transformés si nous avions le courage d'être ce que nous sommes.

Tout bonheur est un chef-d'oeuvre: la moindre erreur le fausse, la moindre hésitation l'altère, la moindre lourdeur le dépare, la moindre sottise l'abêtit.

Toute loi trop souvent transgressée est mauvaise: c'est au législateur à l'abroger ou à la changer.

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