Proverbes et citations
 
 

Restif de La Bretonne (Nicolas Restif, dit) - citations

Restif de la Bretonne (1734-1806), écrivain français dont l'œuvre multiforme et abondante dresse un tableau réaliste des mœurs du siècle des Lumières. De son vrai nom Nicolas Restif, né à Sacy dans l'Yonne, dans une famille d'agriculteurs aisés, il vécut l'enfance d'un petit paysan, instruit par le maître d'école. Un de ses demi-frères, curé, lui apprit le latin. En 1775, il entra comme compagnon à l'Imprimerie royale du Louvre, puis, employé à Auxerre, se maria avec la fille de son patron. L'argent que lui rapporta son premier roman (la Famille vertueuse, 1766) le décida à vivre de sa plume. Dépourvu de fortune personnelle, il dut alors produire en abondance. Sa santé se gâta, son mariage aussi (il divorcera en 1794). La comtesse Fanny de Beauharnais le protégea à partir de 1787. Pendant la Révolution, il garda une attitude prudente sur le plan politique, mais se ruina. Il installa en 1790 dans son domicile une petite presse sur laquelle il imprimait ses propres textes. En 1798, il obtint un poste dans la police, qui fut supprimé en 1802. Il finit alors sa vie dans le dénuement, n'ayant plus aucun moyen de publier ses créations. Son œuvre, complexe, échappe à tous les classements. À côté de monumentaux recueils de nouvelles (les Contemporaines, 1780-1785; les Françaises, 1786, etc.), les Idées singulières (1794-1797) prônent des idées sociales inspirées de Rousseau et annonçant les utopistes du siècle suivant. Il décrit la condition sociale du paysan sous l'Ancien Régime dans la Vie de mon père (1779), mais aussi la vie et les mœurs du peuple de Paris (le Paysan perverti ou les Dangers de la ville, 1775; la Paysanne pervertie, 1784). Son œuvre est souvent inspirée par sa propre vie, et raconte volontiers la saga de sa famille (la Femme infidèle, 1786; Ingénue Saxancour, 1788). Enfin, il a publié cinq volumes d'autobiographie romancée, puis cinq volumes de Théâtre. En 1854, Alexandre Dumas fit de lui et de sa famille les personnages d'un roman-feuilleton, Ingénue.

... La femme ne sent son pouvoir qu'autant qu'elle en abuse.

L'amour ressemble à la soif: une goutte d'eau l'augmente.

La dépravation suit le progrès des lumières.

La plus vertueuse des femmes n'est qu'une coquette plus raffinée....

Le bonheur... est un fruit délicieux, qu'on ne rend tel qu'à force de culture.

Le mérite produit une inégalité juste.

Les moeurs sont un collier de perles; ôtez le noeud, tout défile.

Princes, régnez sur des hommes; vous serez plus grands qu'en commandant des esclaves.

Soyons hommes, et ne soyons que cela; aussi bien c'est une entreprise absurde que de vouloir être davantage.

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