Proverbes et citations
 
 

Pascal - citations

Pascal, Blaise (1623-1662), mathématicien, physicien, théologien, mystique, philosophe, moraliste et polémiste français du XVIIe siècle. L'étendue des domaines d'intérêt et du génie de Pascal est impressionnante: inventeur de la machine à calculer, concepteur des premiers transports en commun en France, artisan de l'assèchement des marais poitevins, polémiste brillant contre les jésuites dans les Provinciales, apologiste de la foi chrétienne avec les fragments rassemblés sous le titre de Pensées, il fut également l'un des plus brillants prosateurs de la langue française et l'une des plus grandes figures du XVIIe siècle français. Fils d'Étienne Pascal (1588-1651), mathématicien amateur et juriste, second président de la cour des aides de Clermont, et d'Antoinette Begon (1596-1626), Blaise Pascal naquit à Clermont (aujourd'hui Clermont-Ferrand) le 19 juin 1623. Sa mère mourut lorsqu'il avait trois ans. La famille Pascal (le père Étienne, son fils Blaise et ses deux filles Gilberte et Jacqueline) s'installa à Paris en novembre 1631. À partir de 1635, Étienne Pascal fréquenta avec son fils l'Académie de mathématique fondée par le philosophe Marin Mersenne en 1635. Génie précoce, le jeune Blaise Pascal écrivit un Traité sur les sons à l'âge de onze ans, réinventa les théorèmes d'Euclide jusqu'à la trente-deuxième proposition alors qu'il n'avait que douze ans (1635). Son père, rentier de l'Hôtel de Ville, manifesta pour défendre ses droits à la suite d'une suppression des rentes et se cacha, craignant d'être arrêté. Il fut ensuite nommé commissaire pour l'impôt en Haute-Normandie en 1639 par Richelieu et rattaché directement au roi. Dès lors, la famille s'installa à Rouen. Elle y reçut la visite de Pierre Corneille, qui demanda à Jacqueline Pascal d'écrire des vers. C'est à Rouen, en 1640, que Pascal rédigea l'Essay pour les coniques. En 1642, il conçut la machine arithmétique (la «roue pascale») pour aider son père dans son travail de comptabilité fiscale.

A mesure qu'on a plus d'esprit, on trouve qu'il y a plus d'hommes originaux. Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes.

Athéisme, marque de force d'esprit, mais jusqu'à un certain degré seulement.

Ce que peut la vertu d'un homme ne se doit pas mesurer par ses efforts, mais par son ordinaire.

Ce qui fait qu'on va si loin dans l'amour, c'est que l'on ne songe pas que l'on aura besoin d'autre chose que ce que l'on aime.

Console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé.

Cromwell allait ravager toute la chrétienté; la famille royale était perdue, et la sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans son uretère.

Curiosité n'est que vanité. Le plus souvent, on ne veut savoir que pour en parler.

C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi: Dieu sensible au coeur, non à la raison.

C'est une maladie naturelle à l'homme de croire qu'il possède la vérité.

D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite pas, et un esprit boiteux nous irrite? A cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit, et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons.

Deux excès: exclure la raison, n'admettre que la raison.

Différence entre l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse. - En l'un, les principes sont palpables, mais éloignés de l'usage commun... Mais dans l'esprit de finesse, les principes sont dans l'usage commun et devant les yeux de tout le monde.

Dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu'ils se font haïr.

Diseur de bons mots, mauvais caractère.

Divertissement. Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser.

Etrange zèle, qui s'irrite contre ceux qui accusent des fautes publiques, et non pas contre ceux qui les commettent!

Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose.

Il n'est pas certain que tout soit certain.

Il n'est pas nécessaire, parce que vous êtes duc, que je vous estime; mais il est nécessaire que je vous salue.

Il n'y a que deux sortes d'hommes: les uns justes, qui se croient pécheurs; les autres pécheurs, qui se croient justes.

Il n'est pas honteux pour l'homme de succomber sous la douleur et il est honteux de succomber sous le plaisir.

Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire.

Imagination - C'est cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus fourbe qu'elle ne l'est pas toujours; car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l'était infaillible du mensonge.

Je blâme également, et ceux qui prennent parti de louer l'homme, et ceux qui le prennent de le blâmer, et ceux qui le prennent de se divertir; et je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant.

Je ne puis pardonner à Descartes: il aurait bien voulu dans toute sa philosophie, se pouvoir passer de Dieu; mais il n'a pu s'empêcher de lui faire donner une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement; après cela, il n'a plus que faire de Dieu.

Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde: il ne faut pas dormir pendant ce temps-là.

L'affection ou la haine changent la justice de face.

L'art de persuader consiste autant en celui d'agréer qu'en celui de convaincre.

L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête.

L'homme qui n'aime que soi ne hait rien tant que d'être seul.

La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent.

La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle.

La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.

La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique.

La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie.

La nature a des perfections pour montrer qu'elle est l'image de Dieu, et des défauts pour montrer qu'elle n'en est que l'image.

La science des choses extérieures ne me consolera pas de l'ignorance de la morale, au temps d'affliction; mais la science des moeurs me consolera toujours de l'ignorance des sciences extérieures.

La vraie et unique vertu est de se haïr.

La vraie éloquence se moque de l'éloquence, la vraie morale se moque de la morale...

La vérité subsiste éternellement.

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point; on le sait en mille choses.

Le moi est haïssable.

Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.

Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.

Les belles actions cachées sont les plus estimables.

Les enfants qui s'effrayent du visage qu'ils ont barbouillé, ce sont des enfants; mais le moyen que ce qui est si faible étant enfant, soit bien fort étant plus âgé!

Les hommes se gouvernent plus par caprice que par raison.

Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou par un autre tour de folie, de n'être pas fou.

Les preuves ne convainquent que l'esprit. La coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues; elle incline l'automate, qui entraîne l'esprit sans qu'il y pense.

L'homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant.

L'imagination est la maîtresse d'erreur et de fausseté, d'autant plus fourbe qu'elle ne l'est pas toujours.

L'imagination ne peut rendre sages les fous, mais elle les rend heureux à l'envi de la raison qui ne peut rendre ses amis que misérables.

Mien, tien. «Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants; c'est là ma place au soleil.» Voilà le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre.

Ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force.

Ni la contradiction n'est marque de fausseté, ni l'incontradiction n'est marque de vérité.

Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables: misérables comme nous, impuissants comme nous, ils ne nous aideront pas; on mourra seul.

On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants. C'étaient des gens honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis; et, quand ils se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politique, ils l'ont fait en se jouant.

On se persuade mieux, pour l'ordinaire, par les raisons qu'on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l'esprit des autres.

Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas: si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter.

Peu de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige.

Qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout.

Qu'une vie est heureuse quand elle commence par l'amour et qu'elle finit par l'ambition.

Quelle vanité que la peinture, qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on admire point les originaux!

Se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher.

Soumission et usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme.

Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore plus.

Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale.

Voulez-vous qu'on croie du bien de vous? N'en dites pas.

Page précédente | Retour au sommaire des citations par auteurs | Page suivante