Proverbes et citations

Ronsard (Pierre de) - citations

Ronsard, Pierre de (1524-1585), poète français qui anima le groupe de la Pléiade et fut notamment l'auteur de sonnets amoureux et d'une épopée, la Franciade. Pierre de Ronsard naquit en septembre 1524 près de Vendôme au sein d'une famille noble. Il passa une partie de son enfance et de sa jeunesse comme page auprès de diverses princesses royales, mais une surdité précoce lui interdit la carrière des armes et de la cour à laquelle il s'était destiné. Il se tourna donc vers les ordres, reçut la tonsure et se vit attribuer des bénéfices ecclésiastiques qui lui assurèrent un revenu constant et le déchargèrent de tout souci matériel. Cette situation privilégiée lui permit de se consacrer exclusivement à sa vocation profonde, la poésie. En 1544, il se rendit au collège de Coqueret, à Paris, où il eut pour maître le grand helléniste français Jean Dorat. C'est à cette période que Ronsard décida de former avec d'autres jeunes poètes — parmi lesquels son ami Joachim du Bellay — le célèbre groupe de la Pléiade, afin de définir de nouvelles règles poétiques. Dès 1549, du Bellay avait donné au groupe ce qui allait devenir son manifeste, la Défense et Illustration de la langue française. Ce texte, malgré un contenu théorique assez succinct, affichait de grandes ambitions: défendre le français contre ses détracteurs, enrichir son vocabulaire et ses tournures (par des apports étrangers essentiellement) et composer des œuvres inspirées des auteurs grecs et latins, en leur empruntant des formes anciennes comme l'ode, l'élégie, l'épopée ou la tragédie. Dès lors, la vie de Ronsard fut partagée entre deux pôles: Paris, d'une part, et les prieurés du Vendômois et de Touraine, d'autre part. À Paris, il fréquentait des poètes, des humanistes, des clercs, des gens de cour; il y participait activement à la vie des premiers salons et à l'activité de l'Académie de poésie et de musique, créée par Jean Antoine de Baïf. Mais, quand Henri III succéda en 1574 à Charles IX, le roi-ami, il se réfugia davantage dans ses prieurés, où il occupait ses journées à la lecture, à la poésie, au jardinage et aux promenades. Ce partage entre des lieux diamétralement opposés se retrouve dans son œuvre. Il est vrai que la carrière poétique de Ronsard s'étend sur une trentaine d'années (1550-1585): cette longue période de production lui a permis de s'essayer à presque tous les genres, depuis les poèmes de circonstance jusqu'aux poésies plus personnelles. Il mourut dans sa retraite, le 27 décembre 1585. L'œuvre de Ronsard fut méconnue par le XVIIe siècle, mais fut remise à l'honneur aux XIXe et XXe siècles.

Ce sont les seuls interprètes des vrais Dieux que les poètes.

Celui qui n'aime est malheureux,
Et malheureux est l'amoureux.

Celui qui se connaît est seul maître de soi.

Cueillez, cueillez votre jeunesse: Comme à cette fleur, la vieillesse fera ternir votre beauté.

De tant de nouveauté je ne suis curieux,
Il me plaît d'imiter le train de mes aïeux.

J'aime fort les jardins qui sentent le sauvage,
J'aime le flot de l'eau qui gazouille au rivage.

Je n'avais pas quinze ans que les monts et les bois
Et les eaux me plaisaient plus que la cour des rois.

L'avenir appartient à celui qui le mérite.

La jeunesse s'enfuit sans jamais revenir.

La parole, Ronsard, est la seule magie,
l'Ame par la parole est conduite et régie,
... Car toujours la parole est maîtresse du coeur.

Le temps s'en va, le temps s'en va, madame;
Las! Le temps, non, mais nous nous en allons.

Le vrai trésor de l'homme est la verte jeunesse,
Le reste de nos ans ne sont que des hivers.

Mais toujours le plaisir de douleur s'accompagne.

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.

O Ciel net, pur et beau, haute maison de Dieu,
Qui prêtes en ton sein à toutes choses lieu.

On ne meurt point, on change seulement
De forme en autre, et ce changer s'appelle
Mort, quand on prend une forme nouvelle...

Punissez-vous vous-même, afin que la justice de Dieu qui est plus grand, vos fautes ne punisse.

Que ta puissance, ô Mort, est grande et admirable!

Songes qui, sans tromper par une vanité,
Dessous un voile obscur montrent la vérité.

Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain. Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

Vous, chênes, héritiers du silence des bois,
Entendez les soupirs de ma dernière voix.

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