Proverbes et citations

Jouve (Pierre Jean) - citations

Jouve, Pierre Jean (1887-1976), poète et romancier français fortement influencé par la pensée des mystiques chrétiens et la psychanalyse. Enfant d'une famille bourgeoise, affligé d'une santé fragile qui l'empêcha de poursuivre ses études universitaires, il vint à la poésie après la lecture de Baudelaire et de Mallarmé. D'abord symboliste, puis tenté par l'unanimisme, il publia pendant la guerre, sous l'influence de Romain Rolland, des textes pacifistes «de bonne conscience», écrivit-il un peu plus tard, au moment d'une profonde crise intellectuelle qui l'amena à renier, à quarante ans, toute son œuvre antérieure. La rencontre d'une psychanalyste, Blanche Reverchon, et la révélation des profondeurs de l'inconscient, doublé d'un ébranlement affectif (il divorça de sa première femme pour épouser Blanche) expliquent aussi cette rupture. D'autres rencontres féminines influencèrent Jouve et marquèrent profondément son œuvre, celle de Lisbé en particulier, avec laquelle il eut deux liaisons à vingt-quatre ans d'intervalle. Après plusieurs romans, dont Paulina 1880 (1925), histoire d'une jeune femme déchirée entre la foi et la volupté, le Monde désert (1927), récit d'une naissance à la poésie, Hécate (1928) et Vagadu (1931), inspirés de l'expérience psychanalytique, Jouve se consacra principalement à la poésie: les Noces (1931), qui allient le lyrisme et la spiritualité; Sueur de sang (1935); la Vierge de Paris (1944), transfiguration mystique et visionnaire de l'esprit de la Résistance. Dans la création jouvienne, où s'entremêlent l'amour et la faute, le désir et la mort, la figure féminine est parfois élevée à la dimension du mythe. C'est le cas dans Matière céleste (1937) et dans Kyrie (1938). Toujours plus voué à la solitude et à l'expérience intérieure, Jouve publia ensuite Diadème (1949); Mélodrame (1957); Moires (1962), dernier regard porté sur son enfance. En visant à transformer «la matière d'en bas» en «matière d'en haut», à la manière de Novalis, de Nerval ou d'Hölderlin, il a élevé à la dimension spirituelle les lieux et les êtres qu'il a connus. Il a également publié plusieurs essais sur l'art, la littérature (Défense et illustration, 1943; Tombeau de Baudelaire, 1958) et la musique (le Don Juan de Mozart, 1942).

En ce siècle, Dieu s'est pour ainsi dire élargi, il a quitté la terre et les humains; ou plutôt nous avons donné à Dieu des possibilités infinies.

Incapable de transiger, je suis incapable de combattre.

Je répugne à me lire dans les citations.

L'art des fous peut nous toucher; il ne nous enrichit que par ce que nous retrouvons en nous-mêmes de ses étrangetés.

La fleur est le regard riant de la ruine.

Le Poète est un diseur de mots.... Le diseur de mots est celui qui dans l'extrême veille, harponne un équivalent du rêve.

Les joies des hommes sont aussi horribles que leurs douleurs.

Notre volonté souterraine n'a ni présent ni avenir ni passé et rien ne la distrait dans le bloc de sa permanence.

Nous avons connaissance à présent de milliers de mondes à l'intérieur de l'homme, que toute l'oeuvre de l'homme avait été de cacher...

Pas de plus ample chant que le chant qui finit.
Pas de plus douce main que la main qui s'enfuit.

Rien ne s'accomplira sinon dans une absence.

Tout amour contient un abîme qui est le Plaisir.

Un artiste n'est comptable que devant lui-même.

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