Proverbes et citations

Reverdy (Pierre) - citations

Reverdy, Pierre (1889-1960), poète français qui fut considéré par les surréalistes comme leur précurseur. Fils de négociants en vin, il fit des études dans le Languedoc qu'il interrompit pour venir vivre à Paris. Établi à Montmartre, il se lia avec les peintres et les poètes du Bateau-Lavoir (Juan Gris, Pablo Picasso, Max Jacob, Apollinaire). Engagé volontaire au début de la Première Guerre mondiale, il fut réformé, et devint, à son retour, correcteur dans une imprimerie. Ses premiers recueils de poésie (Poèmes en prose, 1915; la Lucarne ovale, 1916; les Ardoises du toit, 1918) et un roman le Voleur de Talan, 1917) lui valurent d'emblée l'estime des écrivains de la nouvelle génération. Fondateur de la revue Nord-Sud, (1917-1918), il y publia des textes qui firent de lui un véritable précurseur du mouvement surréaliste: Breton écrivit notamment, dans le Manifeste du surréalisme de 1924, qu'il avait fait sienne la définition de l'image donnée par Reverdy dans le numéro de mars 1918 de cette revue. De fait, il imposa un sens nouveau de l'immédiateté et du mystère et opéra une rupture radicale avec le symbolisme en dépouillant le langage de tout artifice. En 1926, il se retira dans la Sarthe, près de l'abbaye de Solesmes, pour entreprendre un «dialogue secret» avec Dieu. Lors de cette retraite mystique, il regroupa ses poèmes écrits entre 1915 et 1922 dans Plupart du temps. Le volume Main-d'œuvre accueillit ses autres poèmes. À la quête sereine de Grandeur nature (1925) ou de la Balle au bond (1928) succéda le tourment violent de Ferraille (1937) et du Chant des morts (1944-1948), accompagné de dessins de Picasso. Reverdy fit d'ailleurs souvent appel aux peintres cubistes pour illustrer ses œuvres (notamment à Juan Gris pour Au soleil du plafond, 1955 et à Georges Braque pour Recueil de poèmes, 1960). Dans ses essais (le Gant de crin, 1926; le Livre de mon bord, 1948; En vrac, 1956), il s'efforça de cerner ce «lyrisme de la réalité» que seule la poésie, selon lui, est susceptible de capter. Ses ouvrages posthumes (comme Cette émotion appelée poésie, 1974) participent de cette même recherche.

A quelque chose, bonheur aussi est bon.

Aimer, c'est permettre d'abuser.

Beaucoup d'insensibilité prend parfois figure de courage.

C'est l'orgueil qui fait dire non, et la faiblesse oui. La modestie peut également dire les deux sans passion.

Ce n'est pas si simple que ça, d'être simple.

Ce qu'il y a de mieux dans la modestie, c'est l'intelligence qu'il faut déployer pour s'y tenir.

Créer, c'est penser plus fortement.

Esprit moqueur, petit esprit. La moquerie est la fiente de l'esprit critique.

Il est remarquable que ce soit dans les périodes où la société donne à l'individu le moins de garanties et d'avantages qu'elle lui demande le plus de sacrifices et d'efforts.

Il n'est de supportable que ce et ceux qu'on n'est pas obligé de supporter.

Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour.

Il n'y a qu'une chose qui se démode: la mode, et c'est la mode qui emporte le succès.

J'ai tellement besoin de temps pour ne rien faire, qu'il ne m'en reste plus assez pour travailler.

L'avenir est un paradis d'où, exactement comme de l'autre, personne n'est encore jamais revenu.

L'homme est une bête féroce par elle-même apprivoisée.

L'éthique c'est l'esthétique du dedans.

L'évidence paralyse la démonstration.

La caresse est le produit d'un long polissage de la bestialité.

La gloire est un vêtement de lumière qui ne s'ajuste bien qu'aux mesures des morts.

La mauvaise conscience, c'est pour les hommes, les femmes l'ont presque toujours bonne, quand elles en ont.

La poésie est à la vie ce qu'est le feu de bois. Elle en émane et la transforme.

Le contemplatif est celui pour qui l'envers vaut plus que l'endroit.

Le fini ne se distingue de l'infini que par l'imperfection.

Le moi est haïssable. Aimer le prochain comme soi-même, c'est tout dire.

Le plus solide et le plus durable des traits d'union entre les êtres, c'est la barrière.

Le rêve est un tunnel qui passe sous la réalité. C'est un égout d'eau claire, mais c'est un égout.

Les civilisations sont les fards de l'humanité.

Libre de parler sans rien dire et de choisir sans aimer.

On est orgueilleux par nature, modeste par nécessité.

On se prend à beaucoup mieux aimer la réalité, parfois, après un long détour par les rêves.

On vit avec beaucoup de mauvaises actions sur la conscience et quelques bonnes intentions dans le coeur.

Pour les femmes, le meilleur argument qu'elles puissent invoquer en leur faveur, c'est qu'on ne peut pas s'en passer.

Quand tu rencontres la douceur, sois prudent, n'en abuse pas, prends garde de ne pas démasquer la violence.

Que resterait-il de l'histoire du monde, si l'on n'admettait que l'erreur fait partie de la réalité?

Qui ne risque rien n'a rien: ce n'est pas toujours vrai.
Qui risque tout n'a pas tout: c'est toujours vrai.

Rares ceux qui, dans leur vie et dans leur art, savent rejoindre le tact et la mesure en passant par la démesure.

Sévérité bien ordonnée commence envers soi-même.

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