Proverbes et citations

Sade - citations

Sade, marquis de (1740-1814), écrivain français, auteur de romans, de pièces de théâtre et de traités philosophiques, surtout connu pour ses ouvrages érotiques, radicalement subversifs, qui furent longtemps censurés. Donatien Alphonse François, comte de Sade, jeune aristocrate de bonne famille, dut l'essentiel de son éducation à son oncle, l'abbé de Sade, ecclésiastique érudit et adepte du libertinage. Le jeune homme se fit d'abord remarquer dans la carrière des armes (nommé lieutenant, il prit notamment part à la guerre de Sept Ans) avant de devoir sa notoriété au scandale; devenu capitaine de cavalerie, il fut réformé. Incarcéré pour la première fois en 1763 pour «débauche outrée», il fut, après diverses affaires de mœurs (orgies, sodomie, flagellation) et plusieurs arrestations (1768, 1772), condamné à mort par contumace en 1772 par le parlement de Marseille et brûlé en effigie. En 1778, il fut arrêté et conduit à Vincennes: «Le désespoir s'empare de moi. Il est des instants où je ne me connais plus du tout. Mon sang est trop bouillant pour tenir une gêne aussi terrible.» La condamnation à mort se commua en détention prolongée. En prison, il composa des pièces de théâtre, acheva la rédaction de romans (Aline et Valcour ou le Roman philosophique, Justine ou les Malheurs de la vertu) et de contes (les Cent Vingt Journées de Sodome, 1785; les Infortunes de la vertu, 1788), qui poussent les fantasmes érotiques à leurs limites les plus extrêmes. En 1790, après douze ans de prison et un séjour à Charenton, il fut libéré grâce à l'abolition des lettres de cachet. Il tenta de rentrer en possession de sa fortune et de faire publier ses pièces, sous le pseudonyme de marquis de Sade. Il participa d'abord activement à la Révolution (il fut commissaire puis président de la section parisienne des Piques) avant de s'opposer à ses excès, ce qui lui valut d'être à nouveau emprisonné. Il publia en 1795 la Philosophie dans le boudoir, puis, en 1797, la Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu. Victime de la politique de l'ordre moral entreprise par Bonaparte, il fut de nouveau incarcéré avant de finir ses jours à Charenton. À sa mort, en 1814, il devint rapidement une légende maudite, et son œuvre, pourtant connue et admirée de Sainte-Beuve, Baudelaire et Flaubert, pâtit des tabous et des interdits. Guillaume Apollinaire et les surréalistes en firent une réhabilitation exaltée, au moment même où le terme de «sadisme» était inventé pour définir une perversion psychique fondée sur la cruauté sexuelle. Son destin reste exemplaire non seulement à cause de la démesure dans le malheur dont il fut le chantre et la victime, mais aussi parce qu'il fut le représentant paroxystique de cette société d'Ancien Régime, héritière d'un monde moribond, qui chercha, dans le déchaînement érotique, la figure d'un pouvoir perdu. Toute l'ambiguïté du sadisme se retrouve ici: la vie de Sade fut celle d'un persécuté alors que son œuvre exalte un frénétisme tyrannique.

Adressez-vous plutôt aux passions qu'aux vertus quand vous voudrez persuader une femme.

C'est dans le silence des lois que naissent les grandes actions.

Ce n'est jamais dans l'anarchie que les tyrans naissent, vous ne les voyez s'élever qu'à l'ombre des lois ou s'autoriser d'elles.

Il n'est nullement besoin d'être aimé pour bien jouir et... l'amour nuit plutôt aux transports de la jouissance qu'il n'y sert.

Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables.

Il n'y a pas d'horreur qui n'ait été divinisée, pas une vertu qui n'ait été flétrie.

Il n'y a point de passion plus égoïste que celle de la luxure.

J'imiterai (la nature), mais en la détestant; je la copierai, elle le veut, mais ce ne sera qu'en la maudissant.

Je ne sais ce que c'est que le coeur,... je n'appelle ainsi que les faiblesses de l'esprit.

L'idée de Dieu est, je l'avoue, le seul tort que je ne puisse pardonner à l'homme.

L'impossibilité d'outrager la nature est, selon moi, le plus grand supplice de l'homme.

L'insurrection n'est point un état moral; elle doit être pourtant l'état permanent d'une république.

L'univers entier se conduirait par une seule loi, si cette loi était bonne.

La bienfaisance est bien plutôt un vice de l'orgueil qu'une véritable vertu de l'âme.

La frivolité n'est point mon vice.

La tolérance est la vertu du faible.

Qui sait s'il ne faut pas dépasser beaucoup (la nature) pour entendre ce qu'elle veut nous dire.

Rien n'est affreux en libertinage, parce que tout ce que le libertinage inspire, l'est également par la nature.

Tout est bon quand il est excessif.

Toute espèce de chaîne est une folie, tout lien est un attentat à la liberté physique dont nous jouissons sur la surface du globe.

Très souvent une vertu n'est rien moins qu'une grande action, et plus souvent encore une grande action n'est qu'un crime.

Un de vos philosophes modernes se disait l'amant de la nature: eh bien, moi, mon ami, je m'en déclare le bourreau.

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